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• 28 octobre 2012 - Estinnes-au-Mont - 20ème Laurent Meunier
Dans ma déjà longue vie de biker, je l’avoue, il me manque encore quelques références. Les 45km chrono de "la Laurent Meunier" faisaient partie de ces lacunes. Du moins jusqu’à ce dernier dimanche d’octobre où je me suis retrouvé, en compagnie de 357 autres participants, au départ de la 20ème édition de cette épreuve qui porte le nom d’un des meilleurs bikers wallons que le VTT ait connu. Vainqueur de la Coupe de Belgique de cross-country, champion de Belgique de rallye et de descente au début des années ’90, Laurent fut aussi durant de nombreuses années le dessinateur attitré de votre magazine préféré. Et c’est donc en son honneur que son ami Rudy Houdart a décidé de mettre sur pied en 1993 la première édition de ce chrono à travers les campagnes d’Estinnes-au-Mont. Si la "course" n’a pas la réputation d’être parmi les plus belles de la saison, elle a par contre, au fil des ans et grâce à une organisation de qualité, réussi l’incroyable performance de fidéliser un public de pros et d’amateurs qui se retrouvent chaque année dans ce petit coin du Hainaut situé entre Binche et Mons.

Cette année donc, pour la 20ème édition, l’affluence est grande puisque pas moins de 616 bikers, toutes distances confondues, se pressent aux tables d’inscription. Inscrit en dernière minute, je manque le départ du chrono et m’élance donc avec 5 bonnes minutes de retard sur le peloton, ça commence bien! Heureusement, le circuit est très roulant et chaque fois que je rattrape des concurrents, il n’y a aucun problème pour les dépasser. Petit à petit, je reprends donc une position correcte au sein du peloton mais toute prétention de bien figurer au classement s’est évidemment évaporée depuis longtemps. Si le parcours est très roulant et rapide, avec de longues lignes droites parfois un peu monotones, les passages forestiers sont tout de même plus nombreux qu’attendus et je n’ai pas le temps de m’embêter.

A Lobbes, alors que nous arrivons dans ce qui est sans doute le plus beau passage du parcours, ma chaîne se vrille et provoque des chain-sucks à répétition. Je suis obligé de m’arrêter à plusieurs reprises avant de me résoudre à opérer à cœur ouvert. La boue ne facilite pas l’opération mais je repars. Malheureusement, quelques centaines de mètres plus loin, ma chaîne casse à nouveau et, après réparation, je décide de rentrer par le halage le long de la Sambre, via Erquelinnes.

A la ferme Houdart, cœur névralgique de l’événement, je retrouve de nombreux amis profitant du généreux soleil qui est venu réchauffer l’atmosphère et faire fondre les premiers glaçons de l’année. Parmi eux, Laurent Meunier s’active, avec Rudy Houdart et son équipe, à remettre les prix aux vainqueurs des différentes catégories. Parmi ceux-ci, le jeune Florian Trigo (18 ans) est le grand vainqueur de cette 20ème édition. Un jeune français qui n’a évidemment pas connu Laurent Meunier lors de ses "belles années" mais qui ne fait certainement pas tâche au palmarès de cette sympathique épreuve de fin de saison. Ch.M.

• 28 octobre 2012 - Sprimont - Rando des organisateurs/ Challenge Smol-Trek
Chaque année, le challenge Smol-Trek organise sa randonnée de clôture où sont récompensés les bikers les plus assidus sur le challenge. Si la semaine dernière, nous roulions en court, aujourd’hui, les trois couches et les matières coupe-vent et thermiques étaient de rigueur. Et pour cause, le thermomètre était négatif. Vingt degrés de différence en une semaine, c’est un sacré choc thermique. Pas de quoi pourtant décourager les bikers qui étaient plus de 1000 au départ, un vrai succès de foule vu les conditions car les fortes pluies du vendredi avaient bien détrempé les 4 parcours allant de 15 à 47km. Bien emmitoufflé, je démarre pour la longue distance. Le départ est bien roulant, un peu trop même car la vitesse refroidit les doigts et les orteils. Après une grosse dizaine de kilomètres surgit le premier ravitaillement où j’en profite pour réveiller mes orteils gelés en sautillant. Heureusement, les côtes deviennent plus nombreuses, ce qui permet de se réchauffer. Le parcours est varié avec quelques rares passages techniques et surtout des chemins roulants bien adaptés au côté familial et à la boue. Ce n’est qu’une fois arrivé sur Banneux que la grande distance se fait plus exigeante avec des descentes plus glissantes qui réclament toute l’attention du pilote. Malheureusement, le brouillard ne s’est pas levé et nous ne pouvons profiter des reflets du soleil sur les couleurs automnales des forêts. Alors que nous sommes réchauffés, la fin du parcours devient à nouveau plus roulante avec une longue descente vers Sprimont qui aura pour effet de givrer mes orteils. Cela n’en sera que plus douloureux sous la douche bien chaude du hall sportif. Le challenge s'est donc clôturé en beauté, il ne reste plus qu'à attendre la reprise en mars prochain. M.D.

• 21 octobre 2012 - Rhisnes – VTT du Ry d’Argent
Ce dimanche 21 octobre était une journée bénie pour sortir son VTT: un soleil généreux et un thermomètre dépassant légèrement les 20°, de quoi probablement sortir pour une dernière fois cette année en cuissard et manches courtes. Séduit par le circuit proposé ces deux dernières années, nous avons jeté notre dévolu sur la randonnée de Rhisnes et ses parcours de 5 à 70km qui permettent de se concocter une randonnée sur mesure. Cette année, le début du parcours a changé, fini le passage ludique dans un bois privé suite à des saccages commis l’an dernier dans les semaines qui ont suivi la randonnée. Mis-à-part cette suppression, le début du parcours ne change pas et nous atteignons rapidement le Bois des Flaches de Flawinne où se tient le premier ravitaillement qui fait également office de dernier ravitaillement pour le retour. Ensuite, c’est la descente sur la Sambre que nous traversons pour remonter sur le versant namurois. Après le passage devant le célèbre couvent des sœurs Clarisses de Malonne, c’est la terrible montée du Tienne au Bois. Ce premier mur arrive avant le deuxième ravitaillement. On a l’impression de ne faire que manger. Nous nous trouvons face à la première grande bifurcation où les parcours de 50 à 70km se séparent. Nous attaquons cette variation par un nouveau mur technique dans les ruelles de Malonne. Cela fait mal avant de rentrer dans le bois de la Haute Vecquée pour un passage très court, un changement par rapport à l’an dernier. Le parcours nous fait revenir dans Malonne et emprunter de nombreuses servitudes qui égayent le parcours et le rendent nerveux car on peut difficilement se reposer. Plusieurs montées s’assimilent encore à des murs. Nous en resterons à 55km et snoberont la boucle des 65 et 70km vers Floreffe. Après le ravitaillement, nous reprenons le Bois de la Haute Vecquée avant de redescendre sur la Sambre pour la traverser et remonter sur les hauteurs de Flawinne, ceux qui connaissent la région apprécieront. Si Flawinne est une petite ville, les sentiers et servitudes entre les maisons ne manquent pas et après être remonté au centre du village, le parcours nous fait redescendre par des escaliers très pentus. Nous sommes donc condamnés à remonter une deuxième fois avant le dernier ravitaillement. Après un dernier passage boisé avec une belle longue côte, nous rentrons directement sur Rhisnes où le chapiteau accueille les bikers qui ont encore envie de se remémorer cette superbe randonnée qui est parvenue à renouveler son parcours au plus grand plaisir du bon millier de bikers présents. M.D.

15 septembre 2012 – Rixensart – Les 4h de la Mazerine
Trois ans que la course existe, trois ans que j’y participe et trois ans que ça me surprend: difficile de s’imaginer qu’il est possible de faire une course de VTT sur un parcours aussi ludique au beau milieu de la commune de Rixensart! Situé juste autour de l’hôtel de ville, le parc de la Mazerine est un petit îlot de verdure lové au milieu des villas, d’une ligne de chemin de fer et de plusieurs grandes surfaces commerciales.

Dit comme ça, ça ne paie pas de mine. Et pourtant. Sur environ 3km, ce ne sont presque que des singletracks ou des chemins juste assez larges pour que deux bikers puissent se doubler. Pif-pafs, relances, passages étroits, escaliers: le début est très nerveux et plutôt descendant, alors que la 2è partie comporte l’essentiel du dénivelé. Et là, les côtes font bien plus mal qu’il n’y paraît, avec 4 gros coups de cul à la pente impressionnante (dont le "col du Cyclone" juste avant la zone relais et faisant référence au nom du club organisateur, les Cyclone Bikers) et une ascension plus longue et régulière. Même si les meilleures équipes mettent moins de 9 minutes par tour, les organismes sont mis à rude épreuve et à la fin des 4h, tout le monde serre les dents, gros mollets y compris.

Côté course, l’ambiance est détendue et le niveau très hétérogène, preuve que le tracé, super ludique pour les "experts", est aussi idéal pour les moins aguerris… et les enfants, dont on comptait trois équipes cette année. Mais en haut de classement, ça ne rigole pas, et si cette édition a une fois encore battu son record de fréquentation avec 55 équipes, on constate aussi que le niveau était particulièrement relevé cette année. La bataille en tête a d’ailleurs été passionnante, avec quatre équipes à la lutte en permanence: les néerlandophones de Bike Mechanic, les "Peyes" avec Alain De Munter, Mathieu Neyrinck et Miguel Matos, les jeunes MJ Cycles venus défendre leur titre 2011 et les Cyclone/KM10 de Julien Delaet et Martin Dupuis. Finalement, ce sont les premiers cités qui s’imposent, profitant notamment d’une casse de chaine chez les MJ Cycles pour prendre le large. Redescendus à la 5è place, les Hennuyers ont néanmoins réussi à remonter in extremis sur la 2è marche du podium. Julien Delaet et Martin Dupuis, 4è, remportent la catégorie par 2. Une seule femme cette année, hélas, et donc une victoire facile pour Sandra Salvador, associée à votre serviteur et à Sébastien De Ruette en équipe mixte (20e place au général).

En solo, c’est l’inévitable Alexis Matthys qui a fait honneur à son maillot arc-en-ciel d’endurance en l’emportant largement devant Egon Mutsaerts (et en accrochant au passage la 6è place scratch). Clairement, notre testeur Grégory Arte et son équipe ont encore fait un sacré beau boulot cette année. Et si vous croyez qu’on dit ça par copinage, venez vous rendre compte par vous-même en 2013. On veut bien parier une tournée que vous ne serez pas déçus! O.B. - Résultats complets

• 9 septembre 2012 - Bouillon  – 15e Grand Raid Godefroy
Ah, le GRG! Epreuve mythique qui, chaque année, déchaine les passions. Fléchage, parcours, organisation, tarif (même s’il n’a pas changé depuis plus de 15 ans): tout prête à discussion. A titre personnel, c’est aussi une épreuve un peu spéciale. Une sorte de pèlerinage. Ce fut mon tout premier marathon, en 1999! Sans faire le "vieux combattant" (à même pas 30 ans, ce serait dommage), il faut se souvenir qu’à l’époque, les longues distances se comptaient encore sur les doigts d’une main! En 10 éditions auxquelles j’ai participé, j’ai fait presque toutes les distances (sauf le 40 et le 130) et aussi connu les hauts et les bas de l’organisation. Depuis la reprise par X-Free, on sent clairement qu’un souffle nouveau est arrivé. Bien sûr, tout n’est pas parfait, mais on sent que depuis trois ans, l’équipe de François Henrion se démène pour faire chaque fois un peu mieux et pour rendre toute sa superbe au GRG.
Déjà, dès le samedi, quel plaisir d’arriver sur place et de profiter de l’ambiance ainsi que du spectacle de la manche de la Nissan Downhill Cup. Mais pour les marathoniens, c’est évidemment le dimanche que les choses sérieuses commencent… et plus précisément dès 7h pour les fadas qui, comme moi, ont choisi les 160km. Comme toujours, sur la ligne, l’ambiance est détendue et ça plaisante sévère entre habitués de l’O2MC. Au point que J-F Henrard, actuel leader du classement en oublie son Camelbak sur l’aire de départ. A mes côtés à la fin de la première côte, sa tête valait le coup d’œil quand il s’en est aperçu! Malgré tout, ça ne l’a pas empêché de me lâcher rapidement. Eh oui, malgré le beau soleil et les conditions optimales, je sens que je ne suis pas du tout dans un bon jour et que ces foutus 160km vont être très, très longs. D’autant qu’en plus des jambes, la technique me joue aussi des tours. Crevaison lente, tentative de réparation manquée et finalement chambre à air au km 60 m’enlèvent toute velléité de bon chrono. Alors, philosophe, je lève le pied et je décide de profiter.
Sans pression de résultat, je me concentre sur le parcours. Et je me dis que les 90 premiers kilomètres n’ont pas pris une ride malgré leurs presque 20 ans. On peut critiquer l’option du GRG de ne quasi pas changer ses tracés mais comme il s’agit d’une des seules épreuves à le faire, c’est un plaisir de retrouver ses repères d’années en années, de voir ses progrès… ou ses régressions, et de mesurer les avancées du matos qu’on a entre les jambes. Voir le Tombeau du Géant à la levée du jour est toujours aussi magique, et les portions techniques ne manquent pas pour se faire plaisir, avec un gros coup de cœur pour les parties le long de la Semois, rocailleuses à souhaits. Le dénivelé n’est pas en reste, avec plus de 3500m de positif sur le 160km. Malgré tout, l’ensemble reste roulant. Ça ne se voit pas trop sur les 90km, mais sur les 70km avec lesquels on enchaîne juste après, c’est flagrant. Quand on a déjà 4 à 5h de pédalage dans les jambes, ça passe, mais il est clair que la 2e partie du tracé n’est plus vraiment au goût du jour et on plaint les bikers qui ne font "que" cette portion là. S’il y a des améliorations à faire, c’est certainement de ce côté. Pour le reste, le fléchage est toujours discret, mais très bien réalisé dans l’ensemble. On apprécie aussi la présence de signaleurs aux carrefours, même si certains sont plus motivés que d’autres. Tout comme aux ravitaillements, où l’accueil par les scouts et membres de l’organisation va du 5 étoiles au "je-m’en-foutisme" le plus total. Néanmoins, malgré ces petites critiques, le GRG est clairement redevenu le GRG de la grande époque et on compte sur l’organisation pour continuer à maintenir la barre, voire à la mettre encore plus haut pour amener l’épreuve aux plus hauts standards actuels. Clairement, le potentiel est là… O.B. - Résultats complets

• 9 septembre 2012 - Nobressart – 10° Aux Sources de l'Attert
Sous un soleil radieux et un ciel sans nuages, direction Nobressart pour tester la randonnée locale. Je connais d'expérience la qualité du terrain de jeu des environs, bien exploité par la manche O2MC de Rulles, entre autres. Reste à voir si les plus beaux sentiers auront été retenus par les organisateurs.
Le traceur, passionné de trail et fin connaisseur des pépites dont les bois des environs regorgent, nous a gâtés dans les grandes mesures. Une boucle anodine permet de se mettre en marche tranquillement, puis voilà que les choses sérieuses commencent. On choisit l'option "hard" pour la première vraie côte, et on voit déjà que le penchant trail du monsieur s'exprime à plein. Filons vers Heinstert via des singles techniques, et quelques portages savoureux. Demi tour pour retourner faire des montagnes russes autour de Nobressart: descentes engagées à gogo à n'en plus pouvoir. Les gars du coin aiment leurs singletracks et en prennent soin, et ça se voit! Les choses se calment alors qu'on prend la direction du nord pour plonger dans la forêt d'Anlier. La boucle des longues distances s'enfonce plus près du fameux GR malheureusement partiellement défiguré cet hiver par des débardages. On oblique pour plonger jusque en bas de Martelange, et remonter en rejoignant l'ancienne ligne de tram via quelques beaux lacets. La température idéale est bien là, et un grand sourire aux lèvres ne nous quitte plus.
Quelques chemins plus roulants permettent de filer vers Habay, que nous rejoignons via l'étang de la fabrique et ses superbes sentiers truffés de racines techniques… miam! On va alors procéder à des circonvolutions dans le village, en exploitant au maximum les sentiers locaux, ludiques et de grande qualité d'un point de vue VTT. Descentes à option "easy", "hard" ou "techniK": faites votre choix! Nous, on a adoré. L.S.

9 septembre 2012 - L’Ourthambliaisne  
Samedi 8 septembre, 5 heures du mat, le réveil sonne et il fait toujours nuit. Qu’est-ce qui peut bien motiver un biker normalement constitué à s’infliger de tels horaires? L’invitation à une rando de club qui, en trois éditions, s’est forgée une réputation d’enfer! C’est mon ami Bernard Hanciaux, le cowboy du désert que j’ai connu sur les Rallyes Africains qui est à l’origine de cette rando au nom imprononçable. En fait dans la région de Werbomont, quelques bikers se sont regroupés sous la bannière du club Rustin’Team. Ils ont en commun une envie de découverte de leur région tout en conservant le besoin de dépassement de soi au travers de la pratique du VTT. Le VTT étant pour eux un moyen et non un but. Est née alors l’idée de proposer à leurs membres, une trentaine de bikers, le premier samedi de septembre, une rando de 100km et 2250m de D+ à parcourir en groupe. Les amis ayant vent de l’affaire, ainsi que les amis des amis, le club décida alors de proposer 50 places dont 20 invités. J’ai eu la très grande chance de faire partie de ceux-ci avec ma compagne Marie-France. Mais ce n’est pas tout, une grande partie des épouses des membres du club s’investissent également dans la réussite de l’évènement en s’occupant des ravitos, au nombre de 7 ainsi que du festin après l’effort. Ce groupe d’assistance fait partie intégrante du succès car les ravitos, mes amis, on en reparlera…

 

Nous étions donc conviés à nous regrouper dans une clairière des bois d’Hoursine à 6h pour un petit déjeuner costaud en guise de mise en bouche. Je suis très surpris de rencontrer des têtes connues de ma région dans cette bande de joyeux drilles dont certains nous venaient de la capitale. D’autres ont carrément monté la tente la veille, ce qui leur a permis d’entendre le brame du cerf à deux reprises. Enfin, il y a un chef qui répond au nom prédestiné de Joseph Capitaine et qui orchestre tout cela avec une aisance à faire pâlir les organisateurs du Paris-Dakar, c’est certain c’est ce que l’on appelle généralement un meneur d’hommes.

Très petit briefing et c’est à 7 heures pétantes, comme le veut la tradition, que la colonne se met en route. La grande boucle est divisée en 7 secteurs tous assez différents. On ne part pas pour un 100km comme pour une rando du dimanche matin et c’est assez intelligemment que ce premier secteur est une mise en jambes pour monter en température gentiment. Mais déjà je remarque ce qui sera le fil conducteur tout au long de la journée, une volonté de découverte et de sortir des sentiers battus. Roulant par monts et par vaux majoritairement en forêt de résineux notre circuit franchit plusieurs ruisseaux avant d’arriver sur les berges de l’Aisne à hauteur de l’entrée de Bomal.

Le deuxième secteur qui, comme le premier est long d’environ 16km, débute par un portage sur une passerelle qui franchit l’Aisne. S’ensuit une bonne montée vers Izier avant de faire un crochet par les campagnes pour redescendre sous Vieuxville. Nous renouons avec les forêts pour un passage à gué avant la forte montée vers My et nous poursuivons vers Ferrières, Saint-Roch et ses chemins pleins de racines qui provoqueront la chute, sans gravité, de l’épouse du président Capitaine. À ce propos la gente féminine représente 10% du peloton. Après cette émotion, la colonne arrive par un chemin très technique et cassant à la Chapelle Saint Anne non loin de Harzé. Il est 11 heures, c’est l’heure de la soupe, celles qui nous sont servies sont, soit au potiron, soit aux poireaux, mais toutes deux dignes de figurer à Top Chef.

Le secteur suivant qui mène à la halte de midi sonne le réel début des hostilités en terme de dénivelé. Il grimpe fort vers les bois non loin d’Ernonheid avant de passer sous l’E40, l’autoroute des Ardennes. Les singletracks, déjà nombreux depuis le départ continuent vers Lorcé avant la descente vertigineuse du bois royal qui emmènera la troupe au bord de l’Amblève à hauteur du Château De Spirlet. La colonne s’étire un peu à cause d’une crevaison, la deuxième, toutefois nous progressons grâce au système du tiroir qui impose au deuxième du groupe à s’arrêter aux changements de direction et d’attendre le dernier avant de repartir. Ce système est parfait pour un si grand nombre à condition que tout le monde joue le jeu, ce qui est le cas. Pour en revenir au château De Spirlet, juste une petite anecdote pour vous dire que ce brave châtelain fit construire au début du 20e siècle un pont pour traverser l’Amblève à hauteur de sa demeure afin de ne plus devoir passer à gué. Il ignorait cependant que l’endroit où il implantait l’ouvrage était l’endroit exact du gué qui, lui, était public. C’est donc par jugement de justice qu’il fut contraint de rendre le passage public sur le pont qu’il avait financé. Pour les bikers de la région qui arrivent à cet endroit, la question est toujours la même, dans quel sens sera la flèche à l’entrée du parc ? À droite c’est la délivrance vers la route de la vallée et à gauche c’est le martyr de devoir remonter vers les dessus de Nonceveux. C’est bien entendu cette option qui est choisie avec une côte de 2200m et 160m de D+. Ravinée et quasi impraticable en son début, elle se poursuit longtemps sur une tête de roche que l’on est bien content de franchir par sol sec. Il y aura donc de très gros écarts au sommet où se situe la halte de midi. Les cuistots de choc ont le chic de nous avoir préparé une salade de pâtes particulièrement bien assaisonnée et bien reconstituante tout en étant facile à digérer. La halte durera une heure environ. 

C’est donc ragaillardis et sous un soleil estival que nous entamons le secteur suivant qui promet beaucoup en termes de beauté et de dénivelé. Nous ne serons pas déçus. Tout démarre en fanfare par la remontée du Ninglinspo dans sa totalité. Bien que fréquenté par de nombreux marcheurs, une fois la deuxième partie atteinte ils se font rares. C’est ainsi que nous continuons vers Ville au Bois avant d’entamer une descente de dieu le père toute en cailloux vers Targnon et son ravitaillement à la tarte au riz. C’est certain, le Rustin’Team sait recevoir.

Pour certains, les visages commencent à être marqués par l’effort, nous comptons déjà 65km au compteur. C’est ainsi que deux bikers décident de recharger les vélos avec l’assistance et de sauter deux secteurs. Le suivant est annoncé comme le plus dur, il sera pour ma part le plus beau. Débutant par un long single qui remonte la berge droite de l’Amblève en direction de Coo, il se poursuit par une montée de presque 10km en direction de la Baraque Fraiture pour atteindre le ravito de ‘’La Vieille Barrière’’. Certes la montée est dure, mais les points de vue sur la vallée de l’Amblève sont vraiment splendides au point que l’effort à consentir pour arriver au sommet passe largement au second plan. Le regroupement prendra un moment car deux crevaisons ont marqué le début du secteur et puis certains puisent dans leurs réserves pour pouvoir tenir.

Les deux derniers tronçons qui relieront la chapelle de Bra sur Lienne puis l’arrivée seront du même tonneau que ce que nous avons vécu tout au long de cette journée assez exceptionnelle. Des bois et des forêts, des singles en montée et en descente avec ce subtil mélange qui rend l’exercice agréable mais surtout jamais monotone. Partout un savant dosage de découvertes et d’efforts, épicé à l’amitié et à la gentillesse. L’autre atout majeur de ce genre d’initiative est de proposer une rando en groupe qui ne nécessite pas de balisage donc pas de demandes d’autorisations. Bien qu’empruntant des chemins publics il est illusoire d’imaginer d’obtenir toutes les autorisations de passage pour un tel circuit.

Déjà le dernier kilomètre et cette belle descente vers le camp de départ. Une journée, on l’aura compris, plus que réussie et bénie des dieux grâce à une météo à rendre jaloux l’ensemble des organisateurs de rando. Une ombre au tableau toutefois, à l’arrivée il manque un de nos copains qui suite à une grosse faiblesse a du être admis au CHU du Sart Tilman. Cependant, à l’arrivée, l’assistance nous donne des nouvelles rassurantes sur son état de santé. Rien ne pourra dès lors empêcher de faire la fête autour d’un méga barbecue, fête qui durera longtemps dans la nuit ardennaise… Bravo et un très grand merci à tous et toutes pour votre dévouement. P.L.

2 septembre 2012 – Bastogne - La 11e Bastognarde
La Bastognarde est un des classiques de la fin de l’été, attendu par des centaines de bikers avides de beaux parcours. La mission des membres du Renard VTT est d’autant plus difficile, puisqu’il ne faut pas les décevoir! Dès le site de départ, on sent tout de suite qu’on a affaire à une organisation à la fois rodée et passionnée. Des inscriptions, au podium de départ, tout est réglé comme du papier à musique, mais tout en gardant une chouette ambiance détendue et conviviale. Pour faire une longue distance, mais sans trop me vider en vue des 160km du GRG, je choisis de partir sur le 80km. Après quelques centaines de mètres seulement, surprise: le 80km est le seul parcours chrono à filer du même côté que les randonnées. Aïe, ça sent les bouchons. Mais en fait non… à Bastogne, on semble avoir la formule magique pour mettre plus de 1000 personnes sur les sentiers sans qu’ont ait l’impression de se marcher dessus. Pour autant, pas question de nous envoyer sur des chemins de tracteurs! Dans les bois de Hazie et de Bechou, ça ne fait que serpenter au milieu des arbres dans des singles de rêve qui se dessinent à travers la mousse comme un fin trait de crayon brun sur un immense tapis vert. Le pied total! Et il y en a encore à se mettre sous la dent aux Fosses de Saole, un autre bois qu’on croirait tout droit importé de Colombie Britannique!

Passé ce moment de pur bonheur, le tracé est plus roulant. En regardant le graphe du dénivelé, on voit d’ailleurs qu’on ne cesse presque jamais de descendre jusqu’au ravitaillement de Longchamps, précédé par une belle côte, ni très raide, ni très technique, mais qui fait bien mal! Et il faut en garder sous la pédale car c’est à l’approche du 30e kilomètre que les choses sérieuses commencent vraiment. On arrive dans le bois de Bertogne, pour jouer sur les contreforts de l’Ourthe. Tiens, tous ces chemins me rappellent de bons souvenirs: un raid Ardennais O2 Bikers d’il y a quelques années (avec notamment un passage à gué dans lequel avait "plongé" involontairement un participant), des paysages semblables à ceux du raid RBKC que j’ai fait la semaine précédente (normal, le barrage de Nisramont est juste à côté) ou encore quelques-uns des meilleurs passages de la rando d’Erneuville d’il y a deux semaines. Bref, que du bon, du sinueux, du technique et du très, très physique pendant près de 30km passés dans cette merveilleuse vallée. Le hic, c’est que le GPS indique à peine 300m d’altitude, alors que Bastogne est plutôt dans les 500m. On a déjà eu droit à quelques jolies pentes bien raides dans le bois de Bertogne, mais la palme de la longueur revient à la côte près de Roumont, qui nous fait prendre 200m de d+ d’un coup! Ah, nous voilà au-dessus des fameux 500m! C’est donc fini de grimper? Que nenni! Givroulle, Longchamps: autant de noms synonymes de nouvelles ascensions, pas franchement techniques, ni vraiment dures, mais qu’il faut gérer tant bien que mal après 60 bons kilomètres dans les cuissots. Les passages super ludiques se font plus rares, si on excepte un petit passage à gué et quelques derniers singles, mais le dernier ravito "Sunday Bike Fever" nous redonne le sourire avec son ambiance de folie, fumigènes, boule à facettes, pattes d’eph et musique 100% disco compris! Est-ce parce que j’ai trop dancé sur ma selle que je suis soudainement pris de crampes? Quoi qu’il en soit, les derniers kilomètres sont pour moi un calvaire rempli d’acide lactique. Un panneau annonce 2km de roulant dans les faubourgs de Bastogne et c’est fini, ouf! A l’arrivée, c’est noir de monde, ça rigole de partout, et on reçoit même une bouteille de Chouffe pour fêter ça. Et mes crampes? Mais quelles crampes?! Ah, Bastogne, c’est si bon qu’on oublie tout le reste! O.B.
Résultats des chronos O2MC 65, 80 et 101km ici.

• 2 septembre 2012 - Olloy-sur-Viroin – 12 rando du Viroin

Olloy. Rien qu’à entendre ces 5 lettres, les bikers avides de singletracks d’anthologie frémissent d’impatience. Pour certains, c’est LE rendez-vous de l’année. Et on peut les comprendre: chaque année depuis un peu plus de dix ans, les circuits concoctés par les sympathiques organisateurs du club des Cat’s Bikers s’avèrent être un savant mélange de passages tantôt ludiques, tantôt techniques. Un must on vous dit! Et, on peut d’ores et déjà vous le dire, cette 12ème édition de la Rando du Viroin a répondu aux attentes les plus folles. Tout commence au petit matin, au sortir de la brume. Les places de parking sont chères, la rançon du succès sans doute. Après être passé par la table des inscriptions, notre petit groupe s’élance sur le 65 km. La première portion du circuit va explorer les plus beaux sentiers de la Calestienne. Quelques kilomètres roulants, puis les choses sérieuses commencent en direction de Treignes. Une belle ascension, et nous voici en plein milieu des fameuses pelouses calcaires. Nous avons pris un peu de hauteur, que du bonheur pour les amateurs de passages ludiques. La lumière est étincelante. La dégringolade qui suit ne l’est pas moins. Une fameuse poussée d’adrénaline! Un petit coucou au photographe, et c’est reparti pour quelques joyeux singles. Les plus petits circuits nous quittent pendant que nous prenons la direction de la frontière française. Mais avant d’atteindre Hierges, nous allons nous farcir quelques solides passages. Nous pouvons observer ici le travail remarquable de nos hôtes du jour qui nous ont tracé de superbes sentiers au milieu de nulle part. Cela tourne dans tous les sens, on adore. La belle dégringolade vers Hierges va nous permettre de tester les freins, et, de ce côté, tout est ok. Histoire de récupérer quelque peu, nous effectuons ensuite  une petite boucle vers Vaucelle, le dernier village belge avant la frontière. Mais cette petite «pause» ne va durer qu’un temps. Nous bifurquons sur la gauche pour pénétrer dans les bois entourant le château de Hierges.

Voilà une bonne grimpette qui va laisser des traces! Et nous ne sommes pas au bout de nos peines: au pied du château, c’est un véritable mur qui se dresse devant nous. La récompense se trouve de l’autre côté, avec un superbe passage aux pieds des ruines du château féodal. N’en jetez plus! On pourrait s’arrêter là, mais la fête est loin d’être finie. Nous pénétrons alors un peu plus au cœur des Ardennes françaises que nous chérissons tant. Sur les hauteurs de Vireux, les nombreux points de vue valent le détour, mais ils se méritent! Heureusement, après une énième et époustouflante dégringolade, nous pourrons recharger les accus à la deuxième pause. Il nous reste alors une bonne trentaine de kilomètres, un festival de singletracks nous attend. Mais nous allons également devoir avaler quelques côtes pas piquées des vers. Peu importe, même à pied, le plaisir est dans la Calestienne! Treignes, Vierves, nous voguons tout au long du Viroin à la (re)découverte des plus beaux villages du coin. Les amoureux de ce petit paradis sur terre pourront mieux vous en parler que moi… Alors, que retenir de cette 12ème édition de la Rando des coteaux du Viroin? L’organisation sans faille? Le circuit 5 étoiles? L’after joyeux et interminable? La rando d’Olloy, c’est un peu tout cela à la fois! On a beau y revenir chaque année, les Cat’s Bikers nous surprendront toujours. On nous a promis du meilleur pour l’année prochaine, mais nous avons du mal à le croire tant cette édition 2012 a frôlé la perfection! SVW


Séviscourt – 26/08/2012 - 6e rando d'été
Il aura fallu un brin de courage pour mettre le vélo dans la voiture ce matin, alors que les températures frôlaient le numéro à un chiffre, et que la pluie redoublait. Qu'importe, même si des congés estivaux mis à pleine contribution m'avaient fait oublier la boue, il était temps de reprendre ses habitudes de pilotage sur terrain glissant.
Cette année les organisateurs nous proposaient une nouvelle distance de 100km. L'hésitation est de courte durée, et je rends ma fiche d'inscription bravement cochée sur la plus longue distance, rejoignant 4 autres courageux. Nous empruntons le parcours en sens inverse de l'an passé, le début sera donc assez roulant, ce qui est l'idéal pour réchauffer nos musculatures refroidies par les averses. Averses qui auront le bon goût de se faire discrètes tout au long de la balade. On rejoint très vite des parties beaucoup plus amusantes, avec des singles dans les bruyères en fleur, ou encore dans les sous bois de feuillus. La nature semble s'offrir à nous ce matin, alors que les bikers croisés sur le parcours seront peu nombreux. Après le premier ravitaillement, nous entamons une partie plus musclée et technique autour de Sainte-Ode et son hôpital, dont on prend un plaisir non dissimulé à redécouvrir les sentiers chaque année.
Une crevaison dans une partie rapide me fera perdre la roue d'un groupe sympathique des bikers de Bastogne. Compagnie agréablement remplacée par un ami qui me rejoint lors de la réparation, et qui a eu, lui aussi, la riche idée de s'inscrire sur le marathon. Les souvenirs de vacances et autres papotages échangés telles des commères feront passer le reste des chemins à toute vitesse! Heureusement, les ravitaillements intelligemment placés et bien fournis nous permettront de temporiser, et de profiter de l'habituel accueil chaleureux du club de VTT organisateur. Le désormais célèbre cake maison lard-banane de Laurence était stocké en masse, et a permis aux bikers frigorifiés de trouver un petit coin de chaleur lors des arrêts dans la froideur de cette fin d'août.
Dans l'ensemble, on saluera le travail fait sur le fléchage qui, malgré le déluge nocturne, aura su nous mener à bon port. On a aussi apprécié la beauté du parcours et des paysages, à peine gênés par le mauvais temps du week-end. L.S.

25 août 2012 – RBKC Challenge – La Roche-en-Ardenne
Peu avant la date fatidique, je reçois un petit mail de Nico Casteels, testeur émérite de votre cher magazine et touche à tout aussi bien en sports qu’en boissons houblonnées: «ça te dit de faire équipe avec moi sur un raid multisports kayak, trail et VTT?» Euh, ouais, le VTT ça devrait aller mais j’ai un vague souvenir d’une désastreuse descente de la Lesse comme dernière expérience à bord de ces coquilles de noix qu’on met sur l’eau, et je n’ai plus fait de course à pied depuis au moins 3 mois. Réponse du coco: «on s’en tape, viens, ce sera drôle et en plus ils ont un super bar rempli de bière spéciales à l’arrivée». Evidemment, si on me prend par les sentiments…
Bref, samedi 25 août, je me retrouve au départ de mon premier raid multisports. Avec deux surprises: nous serons finalement trois et pas deux dans notre équipe, avec Alain De Munter qui rejoint notre team O2 Bikers-Cyclone-Gang-Bang. Plus on est de fous… Mais j’apprends aussi rapidement qu’en fait, je fais équipe avec les deux terreurs du raid puisqu’ils l’ont déjà remporté à plusieurs reprises. Glups. Heureusement, la pression du kayak s’évacue vite. En attendant notre embarcation, j’apprends que dans les équipes de 3, le rôle du dernier larron est juste de caler ses fesses dans le trou servant habituellement à accueillir le tonneau permettant de garder deux ou trois affaires au sec, même dans les pires situations. Vu que je suis le «bleu» de l’histoire, c’est évidemment moi qui m’y colle… ce qui n’est pas pour me déplaire. Un bateau se libère au retour des premières équipes, après leur aller/retour sur le lac du barrage de Nisramont. On enfile les gilets de sauvetage et c’est parti! A peine notre frêle esquif mis à l’eau, je sens déjà la proue qui se lève. Nico se la joue Obelix à l’arrière en transformant les rames en hélices… et Alain n’est pas en reste à l’avant. Ca trace! Les courbes du lac sont prises à la corde et j’ai à peine le temps d’admirer le paysage sur les berges tellement ça va vite. J’ai juste l’occasion de voir que c’est vachement raide par endroits. Ca tombe bien, c’est là qu’on va aller courir pour le trail!
Un peu plus de 31min plus tard, on sort de l’eau et c’est parti pour un nouveau tour du lac… mais version GR cette fois. Sitôt le barrage traversé, on est mis dans le bain. Petites marches, rochers, racines: ça ne rigole pas ici! Au départ, j’imprime le rythme devant mes deux rameurs qui ont besoin de quelques kilomètres pour se remettre de leur première épreuve. De mon côté, j’avoue que mon rôle de lest n’était pas trop éprouvant. Dans la première côte raide, ils reprennent le dessus. On doit s’aider de nos mains, ça glisse, mais le tempo de Nico reste impressionnant. Quelques volées d’escaliers et deux descentes bien techniques plus loin, je me retrouve largué par mes deux compères, et surtout par Alain… qui se prépare à faire l’Ultra Trail du Mont Blanc la semaine suivante, rien que ça. A l’extrémité du lac, on quitte les berges pour une longue et terrible ascension vers le plateau d’Engreux sur les hauteurs d’Houffalize. Heureusement, c’est pile au moment où je crois mourir, cœur et jambes explosées, qu’on rattrape nos principaux concurrents en trio, les Afrit 7. Bon pour le moral ça! Et dans les deux derniers kilomètres bien plats mais durs pour le moral, Nico me pousse pour garder le contact avec Alain, dit le lièvre.
Reste le VTT, en principe notre sport de prédilection à tous les trois. Une simple formalité? Pas sûr! Tout d’abord la transition n’est vraiment pas facile à gérer. Heureusement, les deux premiers kilomètres sont plutôt relax et permettent de faire un peu tourner les jambes pour remettre son corps à l’heure du cyclisme. Une promenade de santé ce VTT? Pas vraiment! Le premier tiers de ces 40km se déroule sur le balisé VTT n°2 d’Houffalize. Et c’est justement un des plus techniques! Dans la première descente, ça ne loupe pas: Alain crève. Force de l’équipe, en 3 minutes chrono, tout est remis en place, non sans avoir vanté les mérites du tubeless à notre coéquipier réfractaire qui ne jure toujours que par les chambres à air. 8, 7, 6: les principales côtes sont annoncées et les ravitaillements presque aussi nombreux que les points de contrôle où nous devons régulièrement faire perforer notre carte de passage. Pour le 2ème tiers du tracé VTT, place au GR. Ce qui ne fait pas remonter la moyenne. D’autant qu’on se dirige vers la Baraque de Fraiture. Ca monte, ça monte et ça monte encore. Et c’est dur, même si on a droit à quelques portions très rapides et roulantes où, à trois, on file façon US Postal en contre-la-montre par équipes. Après le kilomètre trente, il ne reste «plus que de la descente». Sur le papier, peut-être! Mais la «descente» vers La Roche est encore émaillée de quelques coups de cul bien traîtres, surtout quand on doit tout faire pour garder la roue de deux fêlés au top de leur forme. Vient enfin, en guise de récompense, l’ultime (vraie) descente, un magnifique toboggan raide, empierré, étroit et technique… dans lequel je parviens à me mettre une boîte en embrassant le tout dernier arbre que je pouvais percuter sur ce joli tracé. Malin. Au final, mission accomplie, on franchit la ligne avec le meilleur temps des équipes de 3 et le 2e chrono scratch. Et c’est tout? Non! Surprise du chef, il reste 6 flèches à tirer à l’arc pour gagner jusqu’à 6 min de bonus. Un vrai raid multisports, on vous disait. Ajoutez à ça une super ambiance entre participants, une organisation au top, des bénévoles aux petits soins, le plaisir de partager un super moment entre co-équipiers… et un bar à spéciales de derrière les fagots à l’arrivée et vous comprendrez pourquoi l’an prochain il ne faudra pas me demander deux fois si je veux remettre le couvert! O.B.
Résultats complets: http://www.rbkc.be/challenge/resultat.php

• 19 août 2012 - Erneuville – 15e rando des Roches
La rando des Roches souffle cette année ses 15 bougies. Et pour fêter ça, les organisateurs ont décidé d’organiser un chrono, juste pour voir. En arrivant dans ce petit village luxembourgeois proche de La Roche en Ardenne, on sent tout de suite l’atmosphère familiale. On ne se bouscule pas dans le parking, pas plus qu’aux inscriptions, et le sourire est de rigueur sur tous les visages. Après avoir déboursé la très modique somme de 7€ pour le 85km, quelle n’est pas ma surprise de voir ma plaque de cadre ornée d’un code-barres et scannée au départ! Woaw, sous des dehors débonnaires, ça ne rigole pas ici!
C’était prévu et ça se confirme, la canicule est bien là. J’aurais aimé partir plus tôt, mais avec le trajet pour rejoindre le fin-fond de la Belgique et la mini grasse-mat que je me suis offerte le matin, il est presque 10h quand je m'élance et je sens le soleil de plomb taper sur mon casque dès les premiers mètres. Le début du parcours est globalement roulant, mais on s’enfonce très régulièrement dans les bois pour aller chercher des portions super ludiques. Tantôt on virevolte entre les chênes centenaires en se laissant guider par un filet de chaux au sol et les passages d’autres bikers, tantôt on profite de petits aménagements faits par les organisateurs et quelques enduristes locaux qui ont tracé un petit parcours super ludique qui monte et descend d’une butte à l’autre entre les sapins. Et même quand on est sur des chemins larges, on se délecte des superbes paysages de nos Ardennes, parsemés de bruyères et de fleurs sauvages. Quelques descentes pas piquées des vers viennent aussi faire remonter l’adrénaline. C’est raide, sinueux, rapide et technique comme on aime! Un régal, et on apprécie aussi le travail des organisateurs pour dégager certaines portions, visiblement plus trop empruntées depuis un moment, notamment dans la «forêt de Sherwood», dont nous sommes heureusement ressortis entiers, sans nous faire piquer notre monture par Robin des Bois.
Après 40km, passage au 3e ravito, contrôle chrono, et c’est parti pour la boucle supplémentaire des 80km. Au début, tout va bien et la moyenne avoisine encore les 22km/h… mais dans la terrible montée vers la chapelle du Bois de St-Thibaut, tout se gâte. On se prend 200m de d+ d’un coup, heureusement à l’ombre, mais tout de même. Reste qu’au-dessus, la vue est imprenable, au point que, chrono ou pas, je prends le temps de m’arrêter quelques secondes pour admirer… et souffler un peu. Quelques centaines de mètres plus loin, je poursuis l’ascension un peu plus que ce qui était prévu. Les marquages au sol sont bien faits dans l’ensemble, avec de nombreux petits rappels, mais il arrive qu’ils prêtent à confusion. Qu’à cela ne tienne, j’oublie vite ce petit contretemps dans le single qui suit. Wahou! Petit coup d’œil au GPS: ça va, on n’a pas trop descendu… mais dans le coin, et par une chaleur pareille, il n’y a pas que le dénivelé qui peut faire mal. A la sortie des bois, on attaque une longue portion dans une clairière récemment créée et qui porte encore les traces de pas des chevaux de trait qui ont aidé au débardage. En quelques kilomètres, j’ai chopé parkinson et c'est presque du trial par endroits ! Allez, un petit effort et je retrouve le 3e ravitaillement, où je fais le plein d’eau et d’énergie... tout en constatant que ma moyenne est tombée tout juste sous les 20km/h.
Très vite, on a encore une descente d’anthologie à se mettre sous la dent. Très longue et rapide, elle nous fait perdre quasi 200m de d+ d’un coup. Et évidemment, après, il faut remonter. Pendant 10km, j’ai l’impression que ça n’arrête pas de grimper. Et ce n’est pas qu’une impression, puisqu’on passe de 220 à plus de 500m d’altitude à la fin de notre calvaire, fait essentiellement de chemins larges et faussement roulants qui font mal au moral. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’on s’imagine qu’on pourrait y filer à 25km/h, mais le compteur a bien du mal à indiquer d’autres chiffres que 12 ou 13km/h. A seulement 8km du but, les organisateurs ont eu la très bonne idée de prévoir encore un ravitaillement (le 5e sur le 80km !), histoire d’être sûr qu’aucun participant ne tombe raide si près de l'arrivée. Je jette mes dernières forces dans la bataille sur cette dernière partie qui nous fait revenir dans la même majestueuse forêt que celle où nous avons fait nos premiers tours de roues et après 84km et près de 1800m de d+, je peux enfin déguster un bon petit rafraichissement houblonné… accompagné de quelques délicieuses cochonailles remises au vainqueur du chrono, puisque j’apprends que j’ai fait le meilleur temps sur la grande boucle en 4h24, devant Stephan Van Dyh, Stefen de Pauw et Quentin Winandy. Sur le 65km, la victoire revient à Aurélien Vassart en 2h59, devant Jacques Closset et Christophe Delhausse. Suite aux nombreuses demandes des participants, les organisateurs ont décidé d’introduire leur candidature pour faire partie du challenge O2MC. Nul doute que cette sympathique organisation estivale aura pleinement sa place dans le calendrier des plus beaux marathons de Belgique! O.B.

15 août 2012 - Awenne - Rando des Sabotiers

A peine quelques jours après la rando de Glaireuse, nous reprenons ce mercredi 15 août la route des Ardennes belges. C’est en réalité pour la deuxième année consécutive que nous nous rendons à Awenne pour participer à la 6ème édition de la Rando des Sabotiers. Le petit village ardennais est en effet connu pour avoir été au 19ème siècle un centre important de l’industrie du sabot. L’édition de l’année passée, avec ce mélange de sentiers ludiques et de difficultés physiques, nous avait enchanté. Et, autant le dire tout de suite, la version 2012 ne va pas nous décevoir! Et pour cause, puisque le circuit que nous allons emprunter aujourd’hui se révèlera…similaire en tout point ou presque!
Tout commence par les traditionnelles formalités administratives. L’accueil à la salle des fêtes est sympa, nous avons même droit à une bonne tasse de café! Petite papote avec les copains, puis c’est parti pour un circuit de 60 kilomètres à travers les Ardennes. Dès le départ, les festivités commencent! C’est avec un plaisir non dissimulé que nous redécouvrons un magnifique single bordant une petite rivière. Des passages comme celui-ci, on en redemande! Un peu plus loin, après une petite confusion due à une chute d’arbre inopinée, les kilomètres vont défiler très rapidement via des chemins campagnards et forestiers ne présentant aucune difficulté technique. Mais la longue côte qui précède le premier ravitaillement va définitivement nous réveiller. Voilà une grosse difficulté qui en appelle d’autres! A la bifurcation qui suit, les plus petits circuits nous quittent définitivement. Nous allons alors jouer aux montagnes russes. Le tracé nous emmène vers Masbourg et le très beau Musée de la Vie rurale du Fourneau Saint Michel. Nous filons à travers les vieilles demeures reconstituées, joli! La terrasse est tentante, mais nous devons continuer notre chemin. A mi-parcours, nous atteignons péniblement le deuxième ravitaillement, placé dans la cour d’une superbe demeure privée, propriété des célèbres frères Planckaert. La suite va nous enchanter au plus haut point: un passage roulant précède une longue dégringolade, tout en single, avec des virages relevés, des ornières, des passages tordus, bref, on adore! Le mur qui suit va par contre nous ramener à la dure réalité du vélo de montagne. Tout à gauche, et on pousse sur les pédales. Voilà un tracé pour le moins physique, le poids des kilomètres commence tout doucement à se faire sentir quand on se retrouve en plein milieu des magnifiques singles longeant la Lomme à Mirwart. Un passage classique et semble-t-il obligé pour les randos de la région, mais on y retourne toujours avec beaucoup de plaisir. Le troisième et ultime ravitaillement vient ensuite à point pour recharger les accus, histoire d’aborder les dernières difficultés plus vaillamment. Et, pour une fois, nous ne serons pas fâchés que le circuit soit un peu plus court qu’annoncé. Cette belle sortie se clôturera comme il se doit, autour d’un bon verre de boisson reconstituante. Si ce n’est un fléchage un peu léger, la 6ème édition de la Rando des Sabotiers ne souffre d’aucune critique. Décidément, on ne compte plus les randonnées de qualité dans ce coin des Ardennes belges. Convivialité et plaisir, voilà les maîtres mots de ces organisations. Un programme qui nous sied à merveille! SVW


12 août 2012 - Glaireuse-Libin

Glaireuse est une petite localité ardennaise d’une centaine d’âmes située en bordure d’autoroute. A quelques coups de pédales de Libramont, nous voilà dans la vallée de la Haute Lesse. La célèbre rivière wallonne prend sa source non loin de là, au sud de Saint Hubert. La rando du jour nous permettra de suivre ses méandres sauvages. Depuis 17 ans, une poignée de passionnés nous donne l’occasion de découvrir leur superbe région. Premier constat à notre arrivée dans la localité ardennaise : il y a peu de monde ! Le parking est aisé, un bon point. De 10 à 60 kilomètres, nous avons aujourd’hui le choix entre pas moins de 6 parcours, de quoi ravir toutes les envies. Histoire de justifier le déplacement, nous optons pour le plus long. Un rapide coup d’œil sur la carte des parcours, nous remarquons de suite que la grande majorité du circuit se bouclera dans les bois, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Nous quittons Glaireuse en longeant l’autoroute pendant un bon bout de temps. Le single est joli, mais attention à ne pas se laisser distraire car les herbes hautes cachent des ornières plus ou moins profondes. Voilà une belle entrée en matière! Juste avant de pénétrer dans Transinne, nous bifurquons sur la gauche pour aller chercher le premier ravitaillement. Déjà diront certains, et c’est vrai que nous n’avons alors parcouru qu’une petite dizaine de kilomètres. C’est après cette première pause que nous allons découvrir les méandres de la Lesse. Les chemins que nous empruntons sont en général très roulants. Un peu de trop tout de même, les amateurs de passages techniques resteront sur leur faim, c’est sûr. Mais ne faisons pas la fine bouche: le soleil est généreux, le sol bien sec, nous prenons dès lors beaucoup de plaisir à (re)découvrir cette vallée de la Haute Lesse, si belle et par endroits si sauvage. Certains points de vue valent franchement le détour ! Un superbe passage très étroit dans une sapinière –mais où est donc passé le sentier ?- et nous atteignons le deuxième ravitaillement avec le sourire. La petite table a semble-t-il été prise d’assaut, mais l’accueil est sympathique, c’est l’essentiel! Après Maissin, les plus petits circuits nous quittent définitivement. Il nous reste alors une trentaine de bornes, avec un menu varié : des petites routes de campagne, des pistes forestières, des sentiers sortis de nulle part, le tout étant toujours très roulant et rapide. Si nous avons la joie de découvrir de très beaux singles, nous aurions tout de même aimé avoir un peu plus de difficultés techniques… Peu importe, le contrat est rempli pour cette 17ème édition de la rando de Glaireuse. Voilà une petite organisation bien sympathique qui mériterait assurément bien plus que ses 250 participants! SVW

12 août 2012 - Chimay - Raid des Sources 
Comme chaque année, c'est un peu l'embouteillage dans le calendrier en ce dimanche précédent le 15 août. Outre le Chouffe Marathon et la Bataille des Ardennes, le Raid des Sources est le 3ème rendez-vous de l'O2 Bikers Marathon Challenge (O2MC). Bref, les amateurs de longues distances ont l'embarras du choix! Vu mes impératifs professionnels et familiaux en ce dimanche de Jeux olympiques, je choisis de rejoindre Chimay, pas trop éloigné de mon domicile. Comme je n'ai ni le temps ni la condition physique pour me lancer sur les 100km, le choix des 65km s'impose tout naturellement à moi. Et je ne le regretterai pas. Inscrit parmi les premiers, je m'élance sur le parcours en compagnie de Lionel qui a, lui, choisi les 100km. Vu l'heure matinale, il n'y a pas d'encombrement dans les chemins et nous dépassons tout au plus une quinzaine de bikers dans les premiers kilomètres très rapides du circuit. Singeltracks rectilignes ou ludiques dans les bois, petits bourbiers pour nous rappeler que les pluies ont été abondantes cet été et petites portions de route pour faire tourner les jambes, le début du parcours est varié, rapide et sympa. Peu avant le premier ravitaillement, Lionel est victime d'une crevaison. Comme il est beaucoup plus rapide que moi, je poursuis mon chemin en lui fixant rendez-vous quelques kilomètres plus loin. Je suis à peine arrivé au ravitaillement qu'il me rejoint déjà. Nous en profitons pour avaler quelques victuailles et nous désaltérer car la chaleur commence tout doucement à s'intensifier. Si le début du tracé était assez plat et relativement facile, la suite du parcours s'avérera, par contre, beaucoup plus vallonnée et physique. Mais si les côtes se font plus nombreuses, les singletracks ludiques sont, eux aussi, de plus en plus fréquents. Celui qui nous mène au 2ème ravitaillement est d'ailleurs un modèle du genre. La côte qui le suit aussi d'ailleurs! Quelques kilomètres plus loin, nous rejoignons les participants du 50km. Nous ne sommes donc plus seuls sur le parcours et cela ralentit parfois sur les sentiers étroits mais finalement c'est chouette aussi de rouler en bonne compagnie. Le 3ème et dernier ravitaillement est pris d'assaut par les nombreux participants des petites distances et nous y faisons également un arrêt bien mérité avant de repartir en direction de Baileux. Nous longeons les entrepôts de la brasserie de Chimay mais il faudra encore attendre un peu avant d'avoir droit au délicieux breuvage... Une belle descente rapide suivie d'une côte sévère nous amène vers le charmant village de Lompret. Là, un singletrack particulièrement raide nous oblige à puiser dans nos réserves pour parvenir en haut de la difficulté. Nous avons encore droit à une superbe descente et un très joli passage le long de l'Eau Blanche du côté de Virelles avant de finalement rejoindre la Grand'route pour quelques centaines de mètres plus faciles. Ça sent l'écurie, que nous rejoignons d'ailleurs après un dernier passage par une ancienne voie de chemin de fer désaffectée. A notre arrivée devant le centre sportif de Chimay, nous imitons les randonneurs qui sont déjà nombreux à profiter du généreux soleil avec une boisson locale à la main. Le bonheur n'est décidément pas si difficile à atteindre! Bravo aux Crazy Bikers qui ont une nouvelle fois particulièrement bien exploité le beau potentiel naturel de leur région pour offrir aux 1050 participants présents de magnifiques parcours. Vivement l'an prochain et la 20ème édition du Raid des Sources! CHM

• 12 août 2012 - Gomzé Andoumont - La Bataille des Ardennes 
Non il ne s’agit pas d’une réunion de collectionneurs de véhicules militaires de l’époque de la seconde guerre, oui c’est bien de VTT dont nous allons vous parler. Après le désastre météo de l’année dernière il faisait bon voir cette grande prairie qui sert de parking, complètement bondée. C’est finalement 1200 bikers qui ont rempli un formulaire d’inscription dont 900 pour les quatre randos proposées et 300 au brevet chronométré de 65km comptant, lui, pour le O2MC et parcouru sur un circuit à 90% différent des randos. À noter la disparition du 80km pour cause, m’a-t-on dit, de difficulté à recruter des bénévoles pour ce surplus de travail. Le club organisateur nous reçoit pour la 23e année, excusez du peu. Le soleil brille depuis plusieurs jours, les chemins sont secs, je participe pour la première fois aux 65km dont le parcours a fait une grosse partie de la réputation de l’épreuve.
Et c’est parti pour 1746m de D+ qui débute directement par une grande descente vers le vicinal par un chemin creusé en partie dans la roche. Nous arrivons sur la route et là je voudrais ouvrir une parenthèse pour dire aux organisateurs de toutes les randos que le fléchage à la couleur sur les routes ce n’est pas top du tout. Il y a encore par endroits des balisages d’il y a deux ans au moins! Messieurs il y a déjà tant de mal à obtenir les autorisations de toutes sortes, de grâce ne donnez pas du grain à moudre aux détracteurs des randos organisées. Pour le reste du balisage (le normal), il est top. Passant à Stinval nous remontons vers Louveigné pour traverser la N678, hélas sans signaleur. S’en suit la montée vers le château d’eau, c’est certain au-dessus on est chaud pour affronter les choses sérieuses. Le parcours traverse alors les campagnes pour rejoindre Deigné et passer derrière le haras des Mathy connu dans le monde entier pour la qualité de leurs chevaux de jumping. Le parcours est à présent une succession de descentes et de montées dont certaines violentes comme celle vers Hautregard. Nous pénétrons alors dans les forêts des Fonds de Quareux qui par une longue descente ultra rapide et deux gués superbes nous amènent au premier ravito. Je ne m’y attarde pas car il vaut mieux être dans le rythme pour affronter la première grosse difficulté de la journée, la côte du Hé de Chession et ses 2200m et 217m de dénivelé. Arrivé au-dessus, un court instant de répit dans un petit bois plein de racines avant de dévaler l’autre versant de la colline vers le ruisseau de la Chefna où je prêterai mes démonte-pneus à un participant imprévoyant qui, en guise de remerciement, ne me les rendra pas... C’est à vous dégoûter d’avoir l’esprit d’entraide… Mais le circuit est trop beau pour rouspéter et il est temps de remonter la Chefna par le versant le plus difficile, le gauche. Une côte interminable dans les cailloux qui s’achève par un gué et un petit portage. Joli. À noter que toute la première partie du parcours est sous le signe des cailloux de toutes sortes, des petits, des gros et surtout ceux qui n’aiment pas les pneumatiques, le nombre de crevaisons est impressionnant! Au sommet, nous avons un passage plus calme sur un chemin plat puis descendant dans les bois de la Sûreté, ce n’est que pour mieux apprécier la montée suivante tout aussi technique vers le dessus de Stoumont. Nouvelle descente vers Froidecour pour une ultime ascension, qui va en mettre bon nombre dans le rouge et à pied, vers le sanatorium de Borgoumont et enfin le ravito 2 à Cour. Celui-ci est tenu par l’importateur d’une boisson énergétique qui tombe à point nommé. Pas mal de bikers sont allongés, pris de crampes diverses. On est à mi-parcours mais il y a 1350m de D+ au compteur, le retour devrait être moins physique. De fait, nous montons vers la Vecquée que nous croisons à la Croix de Berinzenne pour descendre vers la Poralée qui nous permet enfin d’un peu faire remonter la moyenne. Le profil est descendant, le chemin roulant, les kilomètres défilent de Bronronne à Vert Buisson et dans la descente assez piégeuse vers La Reid j’entends parler derrière moi. À ma grande surprise ce ne sont pas plusieurs bikers qui veulent me dépasser mais le tandem de Pierre et Anne Catherine Renson, des habitués du tandem qui boucleront leur brevet à du 16km/h de moyenne… Au ravitaillement tout proche Pierre m’avouera lever le pied car les crampes le guettent, ah bon! À ce moment nous sommes sur la partie commune avec la longue rando, nous n’y verrons pas beaucoup de randonneurs, quelques attardés, sans plus. Le parcours se fait plus facile, ça sent l’écurie, nous passons derrière le parc à gibier de La Reid par une belle descente technique et puis c’est un retour assez classique par Adzeux et Louveigné. Petite surprise du chef cependant tout à la fin où un contrôle de passage secret oblige les brevets à remonter par la côte très difficile du Hé de Stinval, celle là même par laquelle nous avions débuté notre circuit en sens inverse.
La journée se clôture dans une ambiance très conviviale où la mine réjouie des participants atteste qu’il ont passé un bon moment. Quant à moi, je comprends l’attachement des bikers à ce brevet qui est la promesse d’un parcours varié, certes difficile mais pas inhumain. Une belle journée concoctée par une équipe qui connaît bien son affaire, un tout grand bravo et à l’année prochaine… sous le soleil. P.L.

• 5 août 2012 – Vlezenbeek – Hoebelbike Marathon 
Si nos amis vététistes néerlandophones viennent en nombre tous les week-ends en Wallonie, l’inverse est beaucoup plus rare. Grâce au challenge O2MC, le Hoebelbike Marathon est, avec le Hagelandse chrono, la seule occasion de découvrir quelques jolis coins de Flandre. Bon, d’accord, ici, on n’est qu’à quelques kilomètres de Bruxelles, et pas en " Flandre profonde ", mais c’est déjà un bon début pour ceux qui franchissent rarement la frontière linguistique. Sur le papier, sans surprise, le dénivelé n’a rien d’impressionnant: 900m pour 75km. Mais les commentaires sur les précédentes éditions laissent augurer de bonnes choses. D’autant que les organisateurs semblent avoir écouté les commentaires des bikers en réduisant la distance O2MC de 125 à 75km pour proposer un parcours plus concentré.

Avec plus de 1250 participants (rando nocturne incluse), le Hoebelbike a connu une nouvelle fois un grand succès de foule. Pourtant, même si tout est très "pro" au niveau de l’organisation, l’ambiance reste très familiale, notamment grâce au départ depuis la cour de la ferme de la Baljuwe accompagné d’une atmosphère très détendue tant au niveau du staff que de l’ensemble des participants.

Difficile de s’imaginer qu’on est si près de la Capitale et de son agitation! Sauf que vu le monde présent, on retrouve bien vite les embouteillages qui semblent s’être déplacés du Ring vers les bois. Rien de bien grave, mais celui qui veut vraiment "faire un temps" a intérêt à se lever tôt et à démarrer avant 8h pour profiter des chemins dégagés. Car la plupart des portions les plus intéressantes où les petits gars du Hoebelbike nous emmènent sont des singletracks très étroits dans de petits bois ou encore à travers les champs… et dans ce cas, c’est bien souvent entre deux clôtures qu’il faut se faufiler.

Mais il n’y a pas que dans les bois et les champs qu’on nous emmène! A Vlezenbeek, on n’a peut-être pas le dénivelé des Ardennes, mais on a des idées pour pimenter un parcours. Sur les 75km, nous avons droit à quatre passages très originaux. On commence par un passage en plein cœur de la brasserie Lindemans qui fabrique la Faro, au milieu d’un dédale de casiers formant de très amusantes chicanes.


Vient ensuite une incursion dans les allées et les serres de la pépinière Inter-Arbo, agrémentée de passages (facultatifs) sur des bosses créées pour l’occasion par le maître des lieux avec son petit bulldozer. Le 3ème épisode est, lui aussi, très sympa avec la traversée du café 'In De Linde' rempli de ses habitués sirotant une bière au bar ou jouant aux cartes. Enfin, la dernière surprise du jour viendra sous la forme de la traversée du magasin de vélos Brukombikes, qui peut aussi servir de halte mécanique si besoin.


On le voit, les organisateurs ne ménagent pas leurs efforts pour offrir du plaisir aux participants. Et si on excepte les quelques embouteillages du début et quelques portions un peu dangereuses (notamment au niveau de quelques croisements et de la cohabitation avec une grosse rando sur route en début de tracé), on sent qu’on s’est creusé la tête pour aller nous chercher le moindre petit bout de chemin amusant de la région (avec une mention spéciale pour l’interminable serpentin dans les bois bordant l’autoroute… un régal !). Malgré un parcours rapide et quelques petits points qui pourraient encore être améliorés, voilà une étape atypique et particulièrement attachante du calendrier O2MC qui mérite d’être découverte. O.B.
Résultats


29 juillet 2012 - Burdinne - Les crêtes de la Burdinale 
Née bien avant la création du challenge O2MC, l'épreuve de Burdinne est un des phares du calendrier. Très jolie, la région du parc naturel Burdinale-Mehaigne n'a pourtant pas beaucoup de dénivelé à offrir. Mais l'organisation est toujours au top et sur une distance marathon, on peut se permettre de s'échapper du plateau hesbignon pour aller taquiner la pente sur les bords de la Meuse. Au départ de la très belle ferme de la Grosse Tour magnifiquement restaurée, on s'élance pour une petite dizaine de kilomètres très roulants. La moyenne flirte avec les 30km/h à ce moment. Heureusement, le balisage est parfait et on peut vraiment rouler sans arrière-pensée. On l'avait déjà signalé l'an dernier, mais des signaleurs à certains carrefours ne seraient pas superflus, même si nous savons bien qu'il est difficile d'avoir assez de bénévoles pour assurer ce précieux service.
Comme promis, après ce début supersonique, on arrive sur les bords de la Meuse. Par rapport aux précédentes éditions, le choix de chemins proposé cette année nous a vraiment beaucoup plus emballés. Les violents orages de la veille ont rendu le sol humide, mais tout reste praticable et surtout très ludique! Jusqu'au kilomètre 35, on ne fait que jouer sur les contreforts du fleuve, aux alentours d'Andenne, avec un enchaînement terrible de montées raides et de superbes descentes encaissées, le tout entrecoupé de portions plus plates mais sinueuses à souhaits.
L'approche du 2ème ravitaillement marque le retour de portions plus roulantes, mais un petit tour du côté de la vallée de la Burdinale va nous offrir quelques nouvelles réjouissances... que j'ai failli manquer! Le balisage avait beau être parfait, il suffit parfois de peu de choses pour partir à la faute. Comme par exemple d'une voiture qui masque une bifurcation à mon passage. Je ne me rends d'ailleurs pas compte de suite de mon erreur, mais en apercevant des inscrits au marathon arriver d'un autre chemin que le mien, je me dis que ça sent l'oignon! A ce moment, un coéquipier parti bien plus tôt me rattrape et me confirme mon erreur. Souhaitant avoir droit à mes points O2MC et ne pas manquer cette belle partie, je fais directement demi-tour et je pars faire cette belle boucle agrémentée d'un superbe passage le long de la Burdinale, conclu par une côte pas piquée des vers.
Le final est à nouveau plus roulant, mais il reste quelques petites grimpettes particulièrement dures pour le moral et les cuisses. Visuellement, ces dernières difficultés n'ont rien de terrible, mais elles imposent un changement de tempo brutal par rapport auquel les jambes ont du mal à assurer la transition, surtout après 60km à bloc. Au final, les meilleurs auront bouclé ce parcours rapide mais très agréable en moins de 3h pour 70km (2h58 exactement pour le vainqueur Gregory Van Sinay)! C'est dire si ça pouvait aller vite. Mais malgré tout, c'était bon! O.B. - Résultats complets ici

22 juillet 2012 - Surice - La rando de l'Hermeton
Commençons par la minute "vieux combattant": j'ai bien connu cette rando du temps où elle démarrait de Florennes... et où les portions les plus intéressantes étaient un peu noyées au milieu de longues parties roulantes pour s'échapper des environs du village cerné par les champs. Pour proposer un parcours plus dense et pouvoir se focaliser sur les plus beaux tronçons dans la vallée de l'Hermeton, les organisateurs ont fait le choix, il y a quelques années, de migrer vers le petit village de Surice. Bien leur en a pris, comme nous allons le voir dans ce récit d'une journée mémorable, au fil des 90km du marathon O2MC parcouru sous un soleil enfin revenu.
Au départ, il y a juste quelques petits chemins roulants pour dire de se mettre en jambes mais on rentre très vite dans le vif du sujet. On nous avait prévenus aux inscriptions et on s'y attendait un peu: dans les bois, il y a encore de nombreux bourbiers. Mais heureusement, la boue locale n'est pas trop collante et mis à part quelques petites portions, tout passe sur le vélo même si 80% de la puissance délivrée semble s'évaporer mystérieusement avant d'atteindre le sol. Plusieurs passages à gués gorgés d'eau viennent également nous rappeler que le début du mois de juillet a été très, très humide. Mais malgré cela, l'enchantement est total. La végétation des bois traversés est magnifique et les difficultés, tant physiques que techniques, savamment distillées. A l'arrivée dans la vallée de la Meuse, on dégringole sur le fleuve par une enfilade d'épingles à cheveux mémorable, avant de s'engouffrer dans un magnifique single au bord de l'eau. Notre progression est un peu ralentie par la présence d'un groupe qui emmène en balade des personnes handicapées sur des fauteuils adaptés aux sorties en forêt. Chacun s'amuse des machines de l'autre, ainsi que sa facilité, ou non, à passer les obstacles. Peu importe le chrono, on passe un chouette petit moment en leur compagnie avant de filer dans les ruelles de Hastière. On attaque alors une partie plus physique que technique, avec un enchaînement de faux-plats et de côtes entrecoupé de descentes rapides. Accompagné d'un sympathique biker du Nord du pays et d'Alexis Matthys qui nous dépose bien vite pour filer vers la victoire en 4h35 (!), j'attaque la boucle du 90km. Celle-ci est éprouvante physiquement et nous emmène jusqu'à Givet, au fil des champs (remplis de fleurs rouges, mauves et jaunes) et de passages dans des bois au sol schisteux. Le 3e ravitaillement arrive à point nommé après 55km. Saucisson, petits biscuits: il est 13h donc j'en profite, tout en remplissant mes poches de petites sucreries pour prendre le dessert un peu plus tard.
Finalement, mes petites friandises sont restées un bon moment dans ma poche car entre les km 60 et 70, ce sont tout simplement quelques-uns des plus beaux passages jamais faits en Belgique qui m'attendent. On entame les réjouissances par une descente d'anthologie sur un singletrack qui serpente dans la végéntation et les rochers, tel un fin ruban brun qui semble avoir été créé pour notre seul plaisir. Le long de l'Hermeton, les passages trialisants s'enchaînent. Le plaisir est total, même s'il faut parfois se résoudre à passer à pied... et à faire un peu d'escalade. Il ne faut pas non plus avoir peur de se mouiller puisqu'on nous fait traverser la rivière à deux reprises... avec de l'eau quasi jusqu'aux genoux pour le premier passage! Au dernier ravito, je n'en reviens toujours pas. J'avale enfin les gâteries que j'avais oublié de manger depuis le ravito précédent et je file vers l'arrivée. Ici, le parcours est plus facile techniquement... mais il ne faut pas pour autant relâcher son attention! Crac: erreur de pilotage, je passe bien trop vite dans une cuvette en descente et c'est la crevaison. Le latex répare, mais quelques kilomètres plus loin, il lâche car l'entaille est vraiment grande. Dans le petit village de Soulme, je trouve un banc pour réparer peinard, accompagné du seul chant des oiseaux puis d'un biker qui me prête gentiment sa pompe, plus performante que la mienne, pour accélérer le regonflage. On attendait 90km, mais c'est finalement après 85km qu'on rejoint l'arrivée, faute à quelques autorisations refusées en dernière minute. Pas grave, les jambes ont déjà eu plus que leur compte avec les 2100m de dénivelé positif au programme et c'est avec l'impression d'avoir fait une des plus belles randos de l'année que je passe la ligne. Plus qu'une chose à dire: merci les Woody Wood Bikers et surtout, continuez à nous émerveiller encore pendant de longues années avec tous ces passages d'anthologie, parfois franchement costauds, mais tellement bons! O.B.

• 1 juillet 2012 - Dohan - 16ème Raid des Sorcières
Le Raid des Sorcière à Dohan est un peu comparable à un rassemblement semi secret d'initiés du VTT. Une organisation qui semble rester discrète et qui le revendique visiblement à 100%. C'est bien simple, si vous voulez venir poser vos crampons au Raid des Sorcières, il faut d'abord vous préinscrire et payer à l'avance. Un peu comme un "Monster-Marathon" mais avec le tarif salé et le chrono en moins. Cela fait clairement grincer les dents d'irréductibles mécontents pour qui il est inconcevable de prépayer pour une petite organisation... Grand bien leur fasse, car c'est justement un des buts recherché par l'organisateur: limiter le nombre d'inscriptions afin d'être certain que les fidèles participants seront choyés et heureux!
Pour ma part, j'avais découvert l'épreuve totalement par hasard il y a deux ans. Le soleil et le temps sec m'avaient fait profiter d'un de mes meilleurs moments de la saison 2010, tout en parcourant à travers les 100km du parcours, une région absolument merveilleuse.
N'ayant pu y participer l'année passée, le rendez-vous était pris cette année pour remettre ça sur la distance reine. Inscription prise à l'avance, motivation au sommet et matos checké aux petits oignons pour cette première longue distance de l'été. Cerise sur le gâteau, la météo s'annonce plutôt clémente avec quelques journées sèches et un grand soleil le jour J. On peut dire qu'on s'approche du miracle vu les conditions des semaines précédentes...
Malgré la garantie d'un week-end sec, la route semble humide lors de mon arrivée à proximité de Bouillon. Le dessous des arbres est pourtant sec mais le ciel reste couvert. Pas de stress, j'ai mis 4 cierges pour garantir les prévisions météo! Lors des petits préparatifs rapides, le ciel semble pourtant se montrer de plus en plus menaçant. Je ne traîne donc pas à me lancer sur le circuit afin d'éviter le vallon qui semble quelque peu maudit.
Les premiers kilomètres vers Les Hayons se déroulent le long de la Semois. Ce premier week-end de juillet est d'ailleurs propice à la poussée des camps scouts que nous croisons tout au long des passages en prairies. Au terme d'une longue côte progressive qui nous mène aux Hayons, le ciel se fait plus sombre et le bruit dans les bois se fait plus soutenu. Malédiction? Mauvaises prévisions? Le vent nous amène un bruit de pluie qui tombe sur les feuilles de la forêt... Pu***n! J'enrage! Encore une épreuve de plus victime du mauvais temps!
L'averse continue de plus belle durant plus d'une demi-heure, le temps de détremper le terrain et d'intégralement changer la donne. Après avoir tenté de positiver durant une petite heure, la réalité revient au galop et il sera très difficile de boucler les 100km sous ses conditions.
Arrivé au premier ravito, je décide sagement de bifurquer sur le 60km en évitant malheureusement une très belle boucle boisée vers Noirefontaine et Bellevaux mais en soulageant la machine. Au mieux, si les conditions s'améliorent et que le moral le veut, je repartirai sur une petite distance au terme du 60km.
Notre progression se fait alors vers Auby-sur-Semois et Cugnon toujours à travers les nombreux bois de la région. De quoi découvrir les nombreux méandres de la Semois et des ses affluents à travers les vallons explorés tout au long des kilomètres. Après un second arrêt gastronomique, le circuit nous emmène dans la forêt domaniale de Bouillon. Ces kilomètres plus roulants se ressentent malgré tout à cause de l'humidité du terrain accentué par la sensation de faux plat montant distillé tout au long des kilomètres. Un effort toutefois largement récompensé par les derniers kilomètres qui nous offrent un passage panoramique sur Dohan suivi d'une descente d'anthologie vers les bords de la Semois.
Les 60 kilomètres se sont finalement rapidement avalés et le soleil fait maintenant -enfin- son apparition. Après un rapide passage au QG et un petit quart d'heure social, je décide de remettre le couvert sur le 30km. De quoi redécouvrir une partie de ce très sympathique parcours boisé qui est maintenant un peu mieux drainé que 4 heures auparavant.
Le Raid des sorcières fût finalement une des seules victimes de ces averses puisque les autres organisations du jour semblent toutes avoir été épargnées. Malédiction donc pour ce week-end qui promettait pourtant un temps sec et une sacrée partie de plaisir sur ces nombreux sentiers 3 étoiles.
Tant pis, ça fait partie du jeu et puis c'est avant tout l'occasion de prendre rendez-vous pour l'année prochaine! Si d'ailleurs l'aventure vous tente vous aussi, n'oubliez pas de noter ce premier dimanche de juillet dans votre agenda. Sachez toutefois avant tout que si vous aimez vous tirer la bourre sur le parcours et rouler en groupe, alors il vaudra mieux passer votre chemin car l'organisation aime à garder -et garantir- son charme et son calme. Ceci afin de permettre aux amoureux du coin de prendre le temps de découvrir chaque singletrack et paysage, tout en profitant de la quiétude des nombreux coins traversés... L.M.

17 juin 2012 - St-Sylvestre (France) - La Granit Montana

En plein milieu de la France, près de Limoges, une bande de passionnés a créé une épreuve magique qui, en à peine trois ans d’existence, a déjà acquis une solide réputation. Imaginez une sorte de croisement entre l’enduro de l’Amblève et un marathon type Raid des Hautes Fagnes, saupoudré d’un zeste d’esprit Transvésubienne mais en bien moins extrême. Ca y est, des images improbables naissent dans votre cerveau? O2 Bikers y était pour juger sur pièces!
Par Olivier Béart

Cela fait trois ans maintenant que j’ai eu l’œil attiré par la description de l’épreuve donnée par les organisateurs sur différents forums, ainsi que par les commentaires des participants. Chez ces derniers, aucun superlatif ne semblait trop beau pour parler de la Granit Montana. Cette année, c’est décidé, je prends la direction du milieu de la France, à 3h de route au Sud de Paris, vers le petit village de St-Sylvestre. Aujourd’hui, c’est un havre de paix enfoui en pleine nature mais la région a longtemps été la réserve de pierres de Limoges. Les carrières y pullulaient et c’est au cœur même de ce relief sculpté par l’homme puis reconquis par la nature que la Granit Montana nous emmène, pour une épreuve de 76km et… 3000m de dénivelé positif!

Sur la ligne de départ, je retrouve le champion du Monde Masters, Jean-Paul Stéphan, ainsi que quelques noms bien connus du marathon français. En discutant avec eux, ils me confirment que les organisateurs ont conçu le parcours de sorte que l’épreuve se gagne à moins de 15km/h de moyenne. Même Thibaut Vassal, double vainqueur de la Transvé, n’a guère fait plus que 14,5km/h lors de la première édition. Mais ils me rassurent en soulignant que malgré tout, il n’y a pas plus de quelques mètres de portage et les descentes, bien que toutes très techniques, passent toutes sur le vélo en procurant d’incroyables sensations. Mmmmh!

Roller coaster!
Sur le terrain, leurs dires se vérifient! Et même plus encore! Dès la première descente sérieuse, je pousse déjà des cris de joie sur le vélo. On serpente au milieu des arbres dans une nature luxuriante et sur un sol tantôt souple (mais bien sec malgré les pluies de la semaine), tantôt très rocailleux. Heureusement, les blocs de granit ont cette particularité d’être à la fois arrondis et bien accrocheurs, de sorte qu’on peut se lâcher complètement et piloter avec une fluidité incroyable. Dans les nombreuses anciennes carrières traversées, le chemin est une véritable montagne russe où s’enchaînent les petites descentes hyper raides, les sauts de murets et les grimpettes coup de cul qui peuvent même parfois servir de tremplin pour un petit jump.

Dans sa deuxième partie, le parcours nous plonge dans la nature la plus profonde, avec des passages sur des sentiers réhabilités spécialement pour l’occasion au milieu du territoire des sangliers. Mis à part une petite portion dans une tourbière un peu trop humide, c’est encore le pied intégral. On mord son guidon en côte sur des pentes hyper raides et on s’éclate en descente… parfois même sur des pistes d’enduro et de DH aménagées par les locaux. Jusqu’aux derniers mètres, on a droit à des passages d’anthologie, comme cette incursion au cœur même d’un énorme bloc de granit dans lequel le biker se laisse glisser via une énorme crevasse. A l’arrivée, pari tenu, le vainqueur n’a, une fois de plus, pas dépassé les 15km/h de moyenne. Et pour ma part, après 5h d’efforts, je n’ai qu’une idée: acheter des agendas pour les 15 prochaines années et déjà y noter en lettres rouges les dates des futures Granit Montana! Infos et résultats

Le vélo du raid
Malgré son côté "hard", la Granit Montana reste plutôt accessible, tant physiquement que techniquement. Avec quelques kilomètres dans les jambes et un bon niveau technique "belge", il est tout à fait possible de se faire plaisir, contrairement à une Transvésubienne qui demande une préparation spécifique. Côté matos, un full de XC en 100/120mm est une option et le deuxième choix idéal, qui fut le nôtre, est un semi-rigide 29’’. Vu le grand nombre de côtes raides, le poids du semi-rigide est un atout et les grandes roues permettent d’avoir du grip et de se sentir à l’aise dans les descentes à pic. Côté pneus, les gommes habituelles conviennent parfaitement (en tubeless!) car, contrairement aux caillasses du Sud, le granit n’est pas trop agressif.

9 juin 2012 - Flobecq - 2ème Transcollines
Comme randonnée pour ce week-end, j’ai opté pour la "Transcollines de Flobecq". Il s’agit seulement de la seconde édition de cette organisation et pourtant des distances de 75, 105 et même 130 km sont au programme. Je suis curieux et décide de passer la frontière linguistique de bon matin avec Hendrik et Gert. En arrivant, nous avons la possibilité de nous garer dans la grande cour de récréation juste à côté du bar et du barbecue. Cela nous parait déjà très bien pour le retour. Sans devoir remplir quelque chose, nous recevons lors de l’inscription (seulement 6 EUR) une plaque de cadre reprenant la distance choisie (105km) et une assurance d’un jour à la fédération francophone de cyclotourisme. Nous prenons un départ rapide et après deux côtes, je vois déjà que mes deux jeunes camarades vont s’en donner à cœur joie et que je n’aurai pas assez de mordant pour les suivre. Je vais un peu écourter mon parcours de façon à ce que l’on puisse terminer ensemble. Cette randonnée n’a pas volé son nom et le dénivelé augmente très vite (sur le 75km j’avais 1400m+). L’herbe est parfois assez haute le long des chemins de campagne inutilisés, un défi supplémentaire s’ajoute dans les bois avec la boue et les racines. Les paysages sont superbes durant toute la journée, avec de beaux nuages et un vent soutenu, toutes les conditions sont réunies pour créer une ambiance adéquate. Dans la descente vers Ellezelles, nous passons à côté de la brasserie où la Quintine est fabriquée. Une bière blonde naturelle à fermentation haute, non filtrée, non pasteurisée, refermentée en bouteille typique avec fermeture à bouchon mécanique, tête en porcelaine et joint en caoutchouc. Le nom Quintine vient d'une sorcière locale qui a été brûlée en 1610 et sa photo se trouve sur l'étiquette. Nous prenons ensuite quelques tronçons d’une ancienne liaison de chemin de fer où nous pouvons rouler plus vite. Dans cette première partie, peu de liaisons ont été faites sur la route.

Au premier ravitaillement dans une ferme, je me croyais au supermarché: certainement 10 sortes de biscuits et cakes, salami, fromage, chocolat... J’y reste un peu et prolonge en discutant avec les organisateurs, Thierry et François. Je leur raconte que je suis étonné par le fléchage impeccable, la procédure d’inscription rapide et par l'infrastructure déployée pour une deuxième édition. En fait, ils organisent l’évènement en collaboration avec le club Audax (= le plus grand club cyclotouriste en Wallonie), tout comme trois autres randonnées à Tournai, port d’attache du club. Ils ont créé cette randonnée à Flobecq afin de proposer une autre région propice au VTT. Il est clair qu’ils connaissent très bien la région de chaque côté de la frontière linguistique, cela se traduit par des passages au Muziekbos ainsi qu’autour de La Houppe, ancienne zone très touristique. Sur ce point culminant (157m) se trouve le second ravitaillement dans un camion servant pour les marchés. Une coupure d’eau potable dans le quartier entraine quelques problèmes d’approvisionnement d’eau au ravito. Les cieux décident alors d’intervenir et de nous délivrer la seule averse de la journée. Après un petit morceau le long de la grand' route de Brakel, nous plongeons entre champs et bois pour une très longue descente. Le bonheur, tout simplement, jusqu’à ce que tout à coup, une énorme veuve noire, d’un diamètre de 4 m bloque tout le chemin. J’arrive juste à me jeter dans un champs fraichement labouré et évite d’être emmêlé dans ses 16 pattes. Une dame aux cheveux noirs, entourée par ses 16 chiens en laisse, imperturbable, fait sa promenade quotidienne à la rencontre des vététistes. Vais-je aussi rencontrer la sorcière Quintine mettant son balai dans ma roue avant? Ce serait possible. Dans l’ancienne sablière près du radar abandonné dans le Bois de La Louvière, les rubalises et les flèches chaulées nous envoient serpentant de haut en bas sur les talus riches en racines. Les 5 derniers km sont assez plats, mais avec un fort vent de face, sûrement pas rapide. Après 4h30 d’effort, je lave d’abord mon vélo et ensuite me rends dans les douches d’un tout nouveau complexe sportif. Cette organisation continue à me surprendre positivement. Pas étonnant dès lors que pas moins de 550 participants soient venus, dont certainement la moitié originaire de Flandre. Pourtant, le Regiotour passe aujourd’hui aussi à moins de 20 km de là. D’après le président des Audax, André Tignon, le meilleur jour pour organiser des marathons, est le samedi. Plus de la moitié des inscrits ont choisi des longues distances. Le dimanche après-midi, il y a plus d’obligations et de fêtes familiales au programme. Durant notre conversation, un blessé a été conduit à l’hôpital avec une vilaine morsure de chien… En compagnie de quelques sorcières (au chapeau de porcelaine) j’attends patiemment mais quand même un peu inquiet l’arrivée de Hendrik et Gert. Apparemment, la boucle des 130 km à travers le "Pays des collines" était particulièrement ardue, mais très belle. J’attends avec impatience la 3ème édition de cet évènement qui a certainement sa place dans le calendrier O2MC.
RDS / FD - Photos: Alex Dubreucq

3 juin 2012 - Biron - 17°randonnée de Biron 
Motivé par le soleil de la veille, c'est pourtant bien sous la pluie que je me réveille ce dimanche matin. Qu'à cela ne tienne, je ne vais tout de même pas renoncer à une belle randonnée à moins d'un quart d'heure de chez moi! Et pourtant, cela faisait quelques années que je n'avais plus participé à cette randonnée qui me laisse le souvenir d'un parcours beau mais relativement roulant.
Vu un départ un peu tardif, je décide de partir sur le 55km au lieu des 75 prévus. Après une inscription rapide (c'est qu'il n'y a plus grand monde à presque 10h!), je me lance donc sur les premiers kilomètres de ce parcours qui s'avèrent assez roulant et rapides. Après environ 5 kilomètres, on entre dans les premiers singletracks du jour, qui, à défaut d'être techniques, sont beaux et amusants. Ils ont certainement le mérite de convenir à une grande majorité de bikers. Si la pluie tombe légèrement par moments, le temps est globalement sec, à l'image des sentiers sur lesquels on rencontre peu de bourbiers et seulement quelques sections glissantes. Les deux premiers ravitaillements s'enchainent rapidement, chacun espacés de 10km. Mieux vaut ne pas s'arrêter trop longtemps, parce que si on a chaud sur le vélo, le vent est tout de même frais et on se refroidit vite.
Peu après le second ravitaillement, nous empruntons un magnifique singletrack en crête d'une petite colline. Outre la mousse sur les pierres, je me croirais presque de retour sur les sentiers montagnards des Chemins du Soleil quelques semaines auparavant. Bien qu'il soit loin d'être vraiment technique, il faut tout de même faire attention de ne pas venir taper les pédales sur les grosses pierres qui le bordent. On continue ensuite par un sentier étroit et un peu envahi par la végétation en bordure de champs pour ensuite replonger dans le bois, toujours sur singletrack.
Une fois cette belle section passée, les chemins s'élargissent mais ne diminuent pas pour autant en beauté. Je commence à avoir du mal à distinguer quoi que ce soit avec la buée qui ne cesse de s'accumuler sur mes lunettes, cadeau du temps humide et tiède, ce qui me pousse quelque fois à l'erreur sur des sentiers pourtant faciles. Une fois la bifurcation d'avec le parcours de 40km passée, les chemins deviennent un peu plus difficiles, d'autant plus que je ne vois toujours pas grand chose avec mes lunettes embuées. Le troisième ravitaillement se fait un peu attendre, surtout en comparaison des deux autres peu espacés. C'est passé le quarantième kilomètre et après une belle côte dans une mise à blanc qu'on finit par le trouver, perché au sommet d'une colline pelée avec vue sur Barvaux. Le vent frais qui balaie l'endroit ne nous pousse pas à prolonger la discussion avec les sympathiques bénévoles et je ne tarde donc pas à reprendre le départ sur des sentiers encore une fois bien amusants. Un petit peu de route permet encore une fois de constater que le message de cesser de jeter ses déchets au sol n'est pas encore passé chez tous les malades du chrono du dimanche. Certes, j'ai vu relativement peu d'emballages de gels énergétiques au sol, mais c'est toujours de trop!
Une dernière côte légèrement plus technique que la moyenne sur des plaques de schiste rendues glissantes par la pluie, et les dix derniers kilomètres très roulants s'avalent à la vitesse de l'éclair. Après un bref arrêt, pour la forme, au dernier ravitaillement, situé à peine à 3km de l'arrivée, je passe finalement le traditionnel passage à gué en contrebas de la salle. Au final, je me suis vraiment bien amusé sur cette randonnée qui, à défaut de proposer un parcours technique et difficile, a été dénicher un beau nombre de beaux sentiers amusants et roulants, au plus grand bonheur des amateurs de vitesse. M.C.

• 2 juin 2012 - Hagelandse Chrono - Langdorp
Le seul marathon O2MC qui a lieu un samedi! Bonne idée finalement parce qu'il tombe des cordes le dimanche 3 juin. En ce qui concerne l'accès, ce n'est pas un problème non plus puisque pas moins de 776 participants se sont rassemblés au départ sur le nouveau site aux rives du Démer. Sur les conseils de notre copain Phille, nous nous sommes pré-inscrits et pouvons donc rapidement prendre le départ. Afin d'éviter que Phille n'attrape des crampes au cou à force de regarder derrière où je suis, on décide de partir chacun à notre rythme. Il y a bien assez de monde pour pouvoir rouler accompagné. Dans la première côte, je trouve un bracelet perdu, ce qui me fait déjà rêver de la double portion de pâtes que je vais pouvoir prendre à l'arrivée grâce ce dernier. Les premiers 20km se font dans la Malenheide, qui est une plaine de jeux pour bikers: 90% de bois, parfois des côtes. Le seul inconvénient est que les coureurs rapides, face à une telle masse de bikers, devaient souvent un peu se contenir en étant bloqué derrière quelques concurrents plus lents comme moi. Dés que possible, je me mets sur le côté, je crie «vas-y» et je fais signe avec mon coude du côté où il y a moyen de passer. Et tout se passe parfaitement, sans énervement ni situations dangereuses. Par contre, s'il y a une chose qui a réussi à m'énerver, ce sont les imbéciles qui ne peuvent pas s'empêcher de balancer leur bidon vide après seulement 15km en sachant pertinemment bien qu'il en recevront un nouveau au ravitaillement qui suit. Mais qu'est-ce qu'ils espèrent gagner ainsi, à part peut être une mauvaise image auprès des promeneurs? Il est grand temps que nous montrions un peu plus du doigt et sanctionnions ces bikers du dimanche, jusqu'à peut-être les exclure. Il y a pourtant deux grandes poubelles au ravitaillement sur lesquelles est inscrit «ici les bidons vides». Ensuite on recevait un nouveau bidon plein d'eau ou de boisson énergisante au choix, tandis que les bikers moins stressés avaient l'occasion de profiter de fruits et de biscuits.

Nous nous dirigeons ensuite vers Rillaar, les bois denses sont remplacés par des chemins de campagne, parfois à travers des champs de céréales ou de maïs. Mais nous roulons la plupart du temps à travers les nombreux vergers basse-tiges et même parfois le long de vignobles. Au total, nous avons plus de 1000m de dénivelé positif à escalader en 82km. Dans une descente, je passe un biker qui tourne les jambes comme un moulin à café devenu fou. Un singlespeed? Un peu plus loin, dans une côte, il me dépasse à vive allure. Il terminera la course en moins de 4 heures! Pour ma part, je ne dépasse pas tant de coureurs, à part quelques malchanceux avec un pneu crevé. Quand vous êtes un fanatique du poids et refusez de transporter une chambre à air de réserve avec vous, eh bien dans ce cas c'est un problème. Le balisage est parfait (flèches rouges sur fond blanc) mais je remarque aussi qu'il n'y a guère de signaleurs. Les participants sont donc très attentifs et les avertissements collectifs prennent d'un coup plus de sens. Bien entendu, il y a tout de même quelques bénévoles en veste fluo qui vous préviennent aux endroits les plus dangereux.

Même les dix derniers kilomètres seront assez difficiles. Mais où sont-ils donc allés les chercher? Dans une grimpette raide, je dois mettre pied à terre et laisse donc la place pour le biker derrière moi. Ce dernier cale tout de même, ne parvient pas à décliper et tombe sur la clôture le long du chemin. Heureusement, cette dernière n'est faite que de fil électrique et pas de barbelés. Les derniers kilomètres le long de la Kiezelweg le long du Démer s'avalent rapidement. Le chrono officiel correspond bien à mes propres infos et le bikewash est bien huilé. Dans la voiture, Phille est nu sur un essuie, étonné de me voir déjà arrivé. À la distribution des pâtes, il y a une longue file, nous décidons donc de prendre un petit apéritif en attendant. Mais à notre troisième verre, nous constatons que la file n'a toujours pas bougé d'un poil. Il est donc clair pour nous que l'organisation parfaite du Langdorp MTB-team ne sera pas la cause de taches de sauce tomate sur nos maillots cette fois-ci. RDS 

28 mai 2012 - La Reid - 23° Ardennes Trophy
L’Ardennes Trophy est une des plus anciennes organisations de notre royaume. Déjà dans les années 90, elle faisait figure d’épouvantail, alors que le terme marathon ne s’appliquait pas encore au VTT. Depuis d’autres épreuves du genre sont venues gonfler le calendrier et l’Ardennes Trophy est parvenu à gérer sa croissance surtout grâce à une forte équipe emmenée depuis le début par Jules Hazard. Fidèle des premières éditions, cela faisait une quinzaine d’année que je n’y avais plus participé. J’avais à vrai dire été dégoûté de quelques éditions bien boueuses, mais cette semaine de plein soleil garantirait une édition sans bourbier. Alors pourquoi pas et ce ne sont pas ces deux barbecues improvisés ce dimanche qui vont m’arrêter. Lundi matin, direction Theux. A peine quitté l’autoroute, me voici bloqué par un biker en voiture  qui s’est pris une moto. Je pense, il y a deux sortes de bikers, ceux qui ont déjà eu un accident et ceux qui vont en avoir un. J’arrive néanmoins à la table d’inscription où j’ai le choix entre 50, 70 et 90km. Comme un ivrogne qui signe pour la légion étrangère, je m’inscris aux 90km. Sans entraînement, je me dis que ces quelques heures de selle vont me dérouiller. Au fond du box de départ, l’ambiance est bonne, même si les bikers sont plutôt jeunes, avec des vélos légers, ce qui contraste avec mon Scott Genius équipé All Mountain. Les premiers démarrent un peu après 9h30 et nous sommes lâchés vers 9h45. On démarre doucement dans la masse et dès la première descente, un signaleur nous envoie dans la mauvaise direction. Nous sommes certainement quelques centaines à hésiter puis refaire le chemin à l’envers en croisant les participants du 50km. Nous retrouvons le parcours et prenons la direction de Bronrome et un long faux plat qui ne cesse de se transformer en côte. Le parcours répertorie une vingtaine de côtes qui sont annoncés avec leur longueur est leur pourcentage, c’est motivant de voir leur nombre diminuer. Après 20km, nous revenons au lieu d’inscription pour un premier ravitaillement et ses célèbres tartes au riz. Je fais quelques ajustements de position et je repars. Nous passons par Becco et Hedbomont. J’ai l’impression de me faire sans arrêt dépasser et d’être le seul à randonner. Le parcours est bien varié, peu de route, des chemins variés très souvent dans les bois où nous sommes à l’abris du soleil qui tanne bien. Les chemins sont relativement roulants. Nous arrivons au second ravitaillement placé à mi-course au kilomètre 45. Je goûte à tous les biscuits.  Il faut bien repartir. Je n’hésite même pas à la bifurcation, je continue sur le 90km. J’ai maintenant l’impression d’être seul et ce n’est pas désagréable. Quand je me fais rattraper, je me dis que maintenant, je suis bon dernier.  Ceux qui me dépassent ont souvent crevé auparavant dans les nombreuses descentes très cassantes et cela réconforte mon choix de pneus tubeless renforcés. Les descentes sont d’ailleurs les seuls endroits où je dépasse des concurrents. Nous redescendons déjà sur Theux pour remonter vers le troisième ravitaillement au château de Franchimont. Je m’y attarde plus longtemps et m’hydrate bien, sans doute un peu trop car je repars le ventre ballonné. Le parcours remonte maintenant vers Polleur. Les côtes ne sont jamais très dures, elles sont régulières sans fort pourcentage. Mais ces 20 derniers kilomètres sont de trop. Je me traîne, mais je prends toujours du plaisir à regarder les superbes paysages en roulant et c’est sans doute cela l’essentiel. Quand je rallie finalement l’arrivée, Thomas Dietsch, le champion de France de marathon est sur la plus haute marche du podium devant Sébastien Carabin. Je suis bien content d’en avoir fini avec cette deuxième manche de l’EBMC, même sans entraînement spécifique, c’est possible sans s’effondrer à l’arrivée. Arrivé au parking, des participants fêtent leur participation avec une bouteille de champagne sous l’auvent de leur mobilhome. Ils ont bien raison. M.D.

• 20 mai 2012 - Couvin
Une semaine après la rando de Monthermé, c’est avec une joie non dissimulée que nous prenons à nouveau la direction de cette belle région frontalière. Mais cette fois, nous restons du côté belge! Notre destination: Couvin, située en Fagne. L’organisateur du jour, le club de basket local, s’est coupé en quatre pour nous accueillir à cette 3ème édition. C’est que le choix est pléthorique: 5 boucles, de 20 à 75 kilomètres, pouvant être cumulées selon les désirs de chaque participant. Voilà donc de quoi satisfaire tous les mollets. Le tout a été couché sur papier, et ce, dans deux des trois langues nationales. On applaudit! Et tant pis pour les pressés qui n’auront pas lu cette petite mise au point… A 8h30 tapantes, nous voilà prêts à en découdre sur le 75 kilomètres. Le soleil est de la partie, et les températures clémentes nous incitent à laisser la veste et les collants longs dans la voiture. Chouette!

Les premiers kilomètres parcourant le bois de Couvin vont se révéler très roulants. Rien de bien méchant point de vue technique, mais on comptera tout de même un nombre incroyable de crevaisons. Après un beau passage au barrage du Ry de Rome et, déjà, quelques joyeux singletracks, nous atteignons bien vite la première pause. Des fruits secs, des barres énergétiques, des bananes, du salé, tout y est. On salue les copains, et c’est reparti pour quelques kilomètres d’anthologie! Nous retrouvons ici tous les atouts du Viroinval: des singles de folie, des descentes de rêve, quelques côtes pas piquées des vers, entrecoupés tout de même ici et là de passages plus larges et roulants. Si les amateurs de sentiers techniques restent un peu sur leur faim, ne faisons pas la fine bouche! Car ici, les singletracks ludiques foisonnent! Le tout, dans un cadre naturel magnifique, que demander de plus? Un peu de bonne humeur peut être? Il suffit de le demander! Les préposés aux ravitaillements se montrent accueillants et sympathiques, nous offrant même de goûter à un breuvage local bien connu. Mais n’oublions tout de même pas qu’il nous reste près de 45 kilomètres à boucler! D’autant que jusque Vierves, le circuit va se révéler particulièrement physique! Après un superbe sentier très étroit, nous prenons la direction d’Olloy pendant que le circuit de 45 kilomètres s’en retourne définitivement vers Couvin. Si jusqu’à présent nous avons eu droit à quelques petits bourbiers, nous allons maintenant rouler dans la poussière. Après le schiste de la Fagne, voilà le sol calcaire de la Calestienne. Le paysage va s’ouvrir de plus en plus et nous aurons alors l’occasion d’admirer de somptueux paysages, notamment sur la butte des canons de Vierves. On y resterait la journée entière...

Une dernière pause ravitaillement un peu plus loin, puis la petite route de campagne va nous permettre de récupérer quelque peu. Tout en nous permettant de (re)découvrir les beaux villages de la région –Matagne, Fagnolle, Dourbes-, le tracé devient tout à coup plus roulant. Mais cela ne va durer qu’un temps! A l’approche de Nîsmes, nous contournons la Roche à Lomme via une longue côte bien physique, suivie peu après d’un sentier très technique longeant l’Eau Noire. Ici les racines sont aussi grandes que des buildings asiatiques! Malheureusement, le manque de lucidité et de concentration dû à la fatigue n’arrangent pas les choses! N’en jetez plus! Les dernières difficultés seront avalées à l’économie! Après le village de Petigny, il nous reste une belle côte, quelques joyeux singles parsemés d’embûches parfois insurmontables (si si…), ainsi qu’une dernière dégringolade de toute beauté! Cette journée pour le moins réussie se terminera comme il se doit autour d’un bon verre de l’amitié! Nos hôtes du jour nous ont à nouveau donné l’occasion de parcourir une région pleine de charme. Vivement l’année prochaine! SVW

• 20 mai 2012 - Randonnée de Robelmont
Après avoir retrouvé les chemins de ma région natale lors des Cimes de Waimes, j’étais de retour dans ma région d’adoption, la Gaume, pour une randonnée que j’avais beaucoup apprécié l’année dernière, malgré un gros orage pendant la moitié du parcours. En l’occurrence celle de Robelmont, près de Virton et à quelques encablures de la frontière française.
Si les Fagnes sont un paradis pour les bikers, la Gaume, présente également de nombreux intérêts pour la pratique du VTT. A commencer peut-être par son micro-climat légendaire! Au lieu des orages annoncés sur la Belgique ce dimanche matin, un grand soleil et des températures enfin clémentes! Et surtout des chemins ultra secs… En tout et pour tout, je pense que nous avons dû passer trois fois dans la boue!
Le parcours était également superbe. D’un profil assez roulant, il propose régulièrement de très beaux singletracks, tantôt ludiques, tantôt rapides en descente. Un vrai régal. Autre particularité de la région: le profil est relativement roulant mais on y trouve de nombreuses côtes bien raides! De quoi faire monter le dénivelé positif à 1300m sur 65 km! On retiendra de très beaux passages dans la vallée de Rabais ou encore les nombreux single à proximité de la voie de chemin de fer près de Meix-devant-Virton. Au final, une très belle randonnée, bien organisée et qui mériterait d’être plus fréquentée.
Bref, si vous ne craignez pas de faire quelques km pour rejoindre ce coin un peu reculé de la Belgique et si vous avez envie de découvrir de beaux parcours, n’hésitez pas à prendre le chemin de la Gaume! Dernier petit truc pour l’after, car vous ne passerez pas à côté du breuvage local: ne dites jamais une Orval mais bien un Orval ! LG

• 13 mai 2012 - La Roc la Tour - Monthermé
Les Ardennes françaises font partie de ces régions que nous apprécions tout particulièrement! Des paysages à couper le souffle, de superbes forêts de feuillus à perte de vue, des singles à gogo, les atouts de la "Pointe" sont nombreux et insoupçonnés! La rando du jour a cette particularité de n’être organisée que tous les deux ans. Il est un peu plus de 8 heures lorsque nous nous présentons à l’entrée du complexe sportif de Monthermé. Les amis sont déjà présents, impatients d’en découdre! Nous avons aujourd’hui le choix entre 4 parcours, de 20 à 55 kilomètres. Pour ce dernier, les dénivelées positives annoncées imposent le respect… Mais ces chiffres ne nous étonnent guère au vu des falaises verticales entourant l’ancienne cité ouvrière!


Après avoir rempli les formalités administratives, nous nous élançons donc sur la plus longue distance. Un peu de macadam, puis nous rentrons directement dans le vif du sujet: nous devons nous farcir une longue côte, raide et technique. Le pourcentage est impressionnant, les roches glissantes, si bien qu’après moins d’un kilomètre, nous voilà déjà à pied! Si les portages ne nous ont jamais rebutés, on se dit tout de même que là, les organisateurs font fort! Nous voilà complètement asphyxiés! Heureusement, la suite va se révéler un peu plus calme: une piste rapide, quelques singletracks, on avale gaiement les kilomètres. Avec tout de même cette fâcheuse impression de monter plus que de descendre… Peu avant le premier ravitaillement, nous allons chercher un autre morceau de choix, ce qui restera pour beaucoup le passage le plus difficile –et le moins intéressant- de notre sortie dominicale. Nous nous retrouvons en effet à patauger en plein milieu du "marais" au lieu-dit des Hauts Buttés. Cette immense clairière située à un peu moins de 500 mètres d’altitude est constituée en majorité de tourbes et de sphaignes. L’endroit me fait vaguement penser à une lointaine escapade au Pays de Galle. L’humidité ambiante nous impose de mettre pied à terre à maintes reprises! Des jurons se font entendre ici et là… S’ils possèdent un intérêt biologique certain, nous serons tout de même heureux de quitter ces lieux inhospitaliers! Nous reprendrons nos esprits un peu plus loin au tout premier ravitaillement, situé à deux coups de pédales de la frontière.



Un arrêt qui vient à point, puisque la suite ne sera pas de tout repos! Mais si l’altimètre continue à s’affoler, cette deuxième partie va nous enchanter au plus haut point! Des côtes techniques pas piquées des vers, de joyeuses descentes ludiques, entrecoupés ici et là de passages un peu plus roulants, le tout tracé dans une somptueuse forêt, voilà de quoi rassasier les plus blasés d’entre nous! Le souci, c’est que nous arrivons au deuxième et (déjà) dernier ravitaillement complètement cuits! Il nous reste alors 25 kilomètres à parcourir, et un petit regard sur la carte ne va pas nous rassurer. Certains d’entre nous ne vont d’ailleurs pas hésiter à couper au plus court un peu plus loin, au bas de la rapide descente de Roc la Tour. Et si moi-même j’hésite quelque peu à la bifurcation du 45/55 km, mon sympathique compagnon d’échappée me poussera à le suivre sur la plus longue distance. Je lui en serai éternellement reconnaissant! Ces 15 dernières bornes vont en effet ressembler furieusement à un best of!


Des singles de folie, des descentes virevoltantes et ludiques, quelques passages plus techniques, nous atteignons ici le nirvana du vélo de montagne, ni plus ni moins! Avec comme fil conducteur les derniers méandres de la Semoy, cette dernière partie valait à elle seule le déplacement. Les magnifiques points de vue sont nombreux, ils nous permettront de reprendre notre souffle entre deux singletracks. Les dernières côtes, très raides, seront avalées… à pied. Notre moyenne en prend un sérieux coup, d’autant que les ennuis mécaniques ne vont pas nous épargner! Mais peu importe, puisque nous sommes venus à Monthermé pour prendre un max de plaisir. Et de ce côté-là, le contrat est plus que rempli! La toute dernière dégringolade sera à l’image de cette journée: somptueuse! En fin de compte, le seul point négatif, c’est qu’il nous faudra attendre deux ans avant de revenir dans cette région que nous adorons tous! SVW

• 15 avril 2012 - La Trace d'Hez Tangissart
Pour être de la partie à cette 7ème manche de l'O2MC, il faut être prêt à sauter tôt hors du lit car le départ de masse des 75km (1300m de D+) est prévu dès 8h. Comme nous étions de sortie la veille au soir, ce lever matinal sera peut être le plus dur effort du jour... Je parie sur le fait qu'il y aura comme l'an dernier à 8h encore une grande file à l'inscription, et que le départ devra donc être retardé. Je me présente donc seulement à 7h45 devant la table des pré-inscriptions. 10 secondes plus tard, je ressors avec ma plaque de cadre, ma puce et le t-shirt souvenir gratuit. Du côté des inscriptions sur place, il y a encore une belle file, et je peux donc sans soucis saluer quelques figures connues. Le centre du village est entièrement réservé et préparé pour le départ. Les organisateurs donnent les dernières indications à la meute dans les starting blocks: « Le parcours a été renouvelé. S'il vous plait, respectez les promeneurs. Ne jetez pas vos déchets par terre. Bonne randonnée! » Et nous sommes partis, plus de 500 roues faisant sonner le tapis de chrono. Aujourd'hui, Annemie a décidé de partir pour une randonnée plus courte sur le parcours de 53km. Elle ne voulait pas attendre le départ des fous du chrono dans le froid pour pouvoir se lancer. Elle part donc avec un quart d'heure d'avance. "Le premier est là!" crient les signaleurs impatients alors qu'elle arrive à leur vue; ils sautent alors vite au milieu de la route avec un air surpris. Lorsque les premiers la rejoignent réellement, elle se met sportivement sur le côté pendant une bonne dizaine de minutes, ce qui lui donne une meilleure vue de la course que les concurrents eux-même.
Après une première boucle de 8km autour du village et une première descente sinueuse du « Tobogan », nous passons la première des rares portions de route du circuit. Aujourd'hui, j'aurai clairement l'impression de passer 90% du temps en tout-terrain sur des chemins variés et bien balisés. Juste devant, voilà un groupe de mes prédécesseurs en train de pousser pour passer un petit sentier en côte sur la gauche. Je suis donc encore bien dans le groupe, pas que cela ait beaucoup d'importance, mais mon objectif est tout de même de terminer en moins de 5h et idéalement dans les 200 premiers. Au premier ravitaillement, je retrouve Annemie, qui a été revigorée par le jus de fruit frais et qui tente d'obtenir la recette de la tarte au fromage maison. Nous continuons un bout de chemin ensemble et soulignons les efforts fournis par les organisateurs et les bénévoles.
Je remarque que quelques participants au chrono peu sportifs peuvent à plusieurs occasions recouper le parcours, gagnant ainsi parfois quelques kilomètres. Mais je remarque aussi qu'un point de contrôle a été placé en chemin, sous forme d'un tapis avec une antenne placé au beau milieu des bois. Plus tard dans les résultats, je constate que tout de même 35 coureurs ont été disqualifiés! Dans les derniers kilomètre, nous retrouvons la première boucle à nouveau sous nos roues et descendons donc une seconde fois le « Tobogan ». Je slalome donc dans la descente, bien heureux d'être bientôt à l'arrivée et ainsi d'atteindre mes objectifs. RDS 

• 8 avril 2012 - Loyers: 4° Raid Young Force
Ce week-end commençait légèrement mal: de corvée pour le boulot pour un si long week-end qui s’annonçait plutôt sec et riche en VTT. Cerise sur le gâteau, tous mes acolytes sont sur le HOT dans les Ardennes. Comme il n’y a jamais de problèmes mais que des solutions, je me rends compte que je pourrais être partiellement libre l’après-midi du samedi. L’agenda propose justement plusieurs randos dans la région de Namur pour le lendemain. Enfin... façon de parler car deux d’entre elles sont finalement annulées. Il reste donc Loyers, un petit village sur les hauteurs mosanes, à deux pas de la capitale wallonne et qui marque le début d’un territoire aux charmes incontestables: le Condroz! Ah oui le Condroz.... une région splendide à traverser en auto, à pied ou à vélo de route (...) mais que le vététiste connaît mieux pour ses champs boueux que les nombreux bois les entourant. La faute à quelques organisations locales qui adorent faire tourner les bikers hivernaux dans les cultures jouxtant l’E411 et la N4.

Reste maintenant à prendre contact avec l’organisation afin de savoir si elle accepte un "tricheur" ou un éclaireur sur leur parcours la veille. À mon grand étonnement je reçois un accueil téléphonique très agréable de la part de l’organisateur. Celui-ci me propose même son GPS et une copie des cartes (ce qui est suffisamment rare que pour être signalé, vu le peu d’organisateurs enclin à donner une copie de leurs parcours pour aider à l’écriture des compte-rendus). Plus d’hésitation donc, je me dirige vers le point de départ avec la chance de découvrir le parcours en avant-première!

C’est donc avec toutes mes vivres sur le dos que je m’élance sur le grand parcours. Les averses se sont par contre invitées sur la région depuis la fin de la nuit mais le sol local semble être encore bien sec.

Les premiers kilomètres en direction de Goyet nous font directement passer par un domaine privé qui nous offre un panorama impressionnant sur les vieilles carrières de la vallée du Wanai. Nous contournons alors la petite vallée par le bois Wiame avant de rentrer dans le village de Goyet, dernier gardien du Rau de Samson avant qu’il ne se jette dans la Meuse. Qui dit rivière, dit vallée encaissée dont nous devons nous extirper pour rejoindre la Chapelle Notre Dame de Bonsecours. Le parcours est relativement mixte et permet une bonne mise en jambes tout en ayant la joie de découvrir quelques belles pièces du patrimoine local. Jusqu’ici le parcours est impeccablement fléché (dans les deux langues nationales!) et je n’ai que très peu d’hésitation malgré que je sois seul. Ma carte ne me sert d’ailleurs que pour avoir une idée de la distance parcourue et pour me rendre compte où seront situés demain les ravitos. La carte me permet aussi de mettre un nom sur une superbe propriété médiévale entourée de douves et d’une vieille ferme en carré. Le Château d’Haltinne ne peut d’ailleurs être découvert que par les participants de la grande distance qui ont aussi l’occasion de découvrir une boucle très ludique tracée dans le bois d’Ohey. La trace est connue via la Primavera d’Andenne mais cette fois-ci l’organisation de Loyers a décidée de l’emprunter majoritairement dans le sens inverse. Un bon choix qui permet de découvrir différemment ce bois parsemé de singletracks rapides et physiques.

Une fois cette boucle terminée, le parcours reprend sa progression plus au sud vers les bois de Gesves par des sentiers un peu plus roulants. C’est alors qu’à l’approche du Rau de Samson, nous replongeons vers le vallon par une descente d’anthologie et technique pour rejoindre son lit. Marches, racines, dévers, appuis, etc... 500m de pur enduro qui débouchent sur un single ludique le long de cette même rivière. 5 étoiles pour la trace et 10/10 pour le charme des lieux qui nous amène dans le petit village de Bethléem... Difficile de ne pas croire à la prophétie.

Vient ensuite la seconde boucle vers Sorinne-la-Longue, que je suis obligé à court-circuiter faute d’avoir pris suffisamment de ravitaillement avec moi. Mieux vaut profiter des derniers kilomètres sur le retour que de galérer suite à une fringale!

Après Sorinne, Courrière accueille le parcours via ses ruelles autour de la voie ferrée qui nous ramène en bordure de l’autoroute des Ardennes. Il est donc temps de penser au retour via le bois d’Ausse et les chemins à proximité du village de Wierde, avant de basculer vers Mozet par un singletrack rapide et parsemé de compressions naturelles. Un must qui nous amène dans ce beau petit village, bien connu pour ses maisons de vielles pierres impeccablement entretenues et ses nombreuses fermes châteaux. Mais il est déjà temps de rejoindre le plateau vers Loyers avant de boucler ce superbe parcours.

Me voilà donc au terme d’une rando anticipée d’un jour et qui –juste sur le jugement de son parcours- m’a littéralement impressionnée! La qualité du parcours de cette organisation du club de basket local a largement permis de m’enlever les derniers a priori que j’avais sur la région. A la lecture des commentaires sur divers forums le lendemain, il semblerait que les ravitos, eux aussi, étaient à la hauteur avec crêpes, omelettes et même Péquet! Impossible donc visiblement de mettre une fausse note à cette petite organisation remplie d’ingéniosité, de motivation et qui mérite même le respect puisque les bénéfices sont destinés à rendre l’accès au club de basket gratuit! Promis, l’an prochain je reviendrai, mais cette fois pour pouvoir en profiter intégralement le jour J! L.M.

• 1er avril 2012 - Olne-Spa-Olne 
Pour le premier avril, les organisateurs ont réservé un joli poisson d’avril aux participants: cette année, ce ne sera pas Olne-Spa-Olne, mais deux fois «Olne-Olne-Olne». Tout le monde rigole bien… avant d’apprendre qu’il ne s’agit pas d’un poisson! Faute d’autorisations accordées par la commune de Theux pour une sombre histoire de normes de sécurité non respectées en 2011, impossible d’aller jusqu'à Spa cette fois. Au programme, donc, non pas 65km, mais deux fois 37km avec près de 2000m de dénivelé positif au total.

Bon, d’accord, on s’éloigne de l’esprit du marathon, mais vu les circonstances, on peut comprendre. Et cela peut être un exercice intéressant de pouvoir comparer ses temps au tour sur deux boucles identiques. C’est donc sans aucun apriori que je m’élance lors de l’avant-dernier des quatre départs proposés. Sur la ligne, nous ne sommes guère plus d’une quarantaine… et, vu la vitesse à laquelle nous avalons les premiers kilomètres, ponctués par la traversée de quelques routes pas toujours bien gardées, je me réjouis de ne pas avoir pris le «gros» départ de 8h30 avec près de 150 autres furieux (des signaleurs étaient présents à de nombreux carrefours, mais ce n’était pas systématique et ils ne semblaient pas tous concernés de la même façon par leur mission).

Mis à part quelques petits passages ludiques mais trop courts car très rapides, on ne peut pas vraiment dire que cette première partie suscite l’enthousiasme. Pourtant, on passe juste à côté du hall du Paire à Pepinster, où a déjà eu lieu une Benelux Cup au parcours d’anthologie! Certes, il n’est pas toujours facile de faire face à un imprévu de dernière minute, mais on aurait pu s’attendre à quelque chose de top sur les 37km pour compenser. Hélas, s’il y a beaucoup de très belles difficultés physiques et des ascensions raides à la pelle… c’est plutôt maigre du côté des descentes. A Tacrémont, ça commence bien avec un petit single le long d’une clôture, mais il devient vite large et très (trop?) rapide. Un peu plus loin, juste après un ravitaillement, voilà enfin une descente un peu ludique, mais elle passe bien trop vite. Et ce qu’on retient surtout de cette édition ratée (n’ayons pas peur des mots), ce sont les innombrables passages sur route, parfois très dangereux (la traversée de Pepinster notamment!) et le mécontentement de très nombreux bikers face à la détérioration de la qualité de cette organisation depuis deux ans (sans incidence sur le prix, toujours de 17€!). A tel point qu’ils étaient nombreux à suggérer que l’épreuve soit retirée, au moins pour l’an prochain, du calendrier O2MC! Olne-Spa-Olne était pourtant un rendez-vous mythique et historique du calendrier. Mais aujourd’hui, les organisateurs doivent absolument se ressaisir, au risque de voir leur épreuve boudée. O.B - Résultats

• 1er avril 2012 - Martelange
Ce n'est pas une blague, il fait bien 5°C en-dessous de zéro ce matin pour un départ sous le soleil! Le temps de sortir de Martelange direction le Luxembourg pour une boucle 100% grand-ducale, les doigts sont partis bien loin et on ne sent plus les freins. Cela nous rappelle les sorties hivernales. On a vite fait d'oublier nos douleurs aux doigts pour plonger dès le début, après une belle ascension, dans une magnifique descente technique en singletrack. À partir de là ça sera à l'avenant, et seuls les vues fabuleuses au soleil levant sur les frimas printaniers nous feront lever les yeux des superbes trajectoires qui se déploient sous nos roues.
Rouler en province du Luxembourg, c'est un plaisir sans cesse renouvelé dans la nature sauvage. Parfois on rencontre un village, ou quelques marcheurs que l'on ne manque pas de saluer d'un "Moien" local. Les chemins du Grand Duché s'offrent à nous dans leur qualité soigneusement entretenue par les locaux. À nous de les honorer et de faire preuve du plus grand respect pour que cela dure.
Après quelques détours autour du lac de la Haute-Sûre, il est temps de faire demi tour pour les longues distances. On aura encore l'occasion de découvrir certains passages inédits, et d'encore profiter de l'accueil toujours chaleureux des bikers organisateurs du coin. La dégringolade bien connue vers Martelange ne nous lasse toujours pas, et on se surprend à faire durer le plaisir en plaisantant avec nos compagnons de randonnée pour retarder l'arrivée.
Une bien belle randonnée d'ouverture de saison! L.S.

• 1er avril 2012 - L'ARJamboise – Jambes
La rando du jour fait partie des nombreuses nouvelles organisations du namurois. Aujourd’hui, c’est l’Athénée Royal de Jambes qui nous accueille. Le parking est vaste et aisé, déjà un premier bon point. Avec pas moins de 6 circuits, nous avons l’embarras du choix. Une petite analyse de la carte, et nous décidons de nous élancer sur le 58 kilomètres. La petite boucle supplémentaire, qui nous permettrait de vaincre la plus longue distance, pourra toujours nous tendre les bras en cours de route…
Nous quittons lentement le site de l’Athénée via une longue ascension macadamisée. Fort heureusement, l’exercice est vite passé, et voici déjà les premiers sentiers de notre sortie dominicale. La constatation est immédiate: le tout est très sec! Si ce n’était cette froideur matinale, on se croirait déjà en plein été! Les maillots courts sont de sortie. Dès que nous quittons Naninne via une descente très raide, les difficultés vont se succéder à un rythme infernal. Celle qui nous mène au premier ravitaillement –après 8 kilomètres seulement- est un modèle du genre. Le décor est planté, la rando du jour va sourire aux plus costauds d’entre nous. Après la première pause gastronomique, nous empruntons avec joie les chemins de la Vierge Noire. D’habitude, la côte qui nous y emmène est gorgée d’eau. Aujourd’hui, nous avalerons la poussière… La dégringolade est joyeuse et rapide, mais la côte qui suit va par contre nous donner bien du fil à retordre. On adore! La suite jusqu’à Ronchine va se révéler très roulante. Une petite "pause" en quelque sorte, du moins en regard de ce qui va suivre. Pendant que nos camarades s’en vont s’amuser dans le bois de Ronchine, nous filons tout droit vers le charmant village de Crupet. Un petit salut aux randonneurs pédestres, très nombreux dans la région, et il est grand temps de se concentrer sur une des plus grosses difficultés du jour. Courte, mais raide et technique, voilà une côte qui, il faut bien l’avouer, est rarement vaincue sur le vélo! Cette fois, c’est la bonne! L’adhérence est précaire, le souffle court, les cuisses brûlent, mais quelques coups de pédales rageurs nous permettront enfin d’en venir à bout! C’est donc avec une petite pointe de fierté que nous rejoignons le deuxième ravitaillement à Durnal… tout en ayant pris soin de tourner le dos à la fameuse boucle de 4 kilomètres. A ce stade, nous n’avons pas encore atteint la moitié du parcours. La suite va nous ravir au plus haut point! A commencer par la superbe descente nous menant à Bauche: un petit bijou, une oeuvre d’art! Nous voilà en plein cœur de la très belle Vallée du Bocq, une sorte de petit paradis pour les amoureux de nature préservée. Les difficultés s’enchaînent sans relâche: après le camping de la Gayole, nous atteignons les hauteurs d’Yvoir et la réserve naturelle de Tricointe en deux temps. Les efforts commencent tout doucement à peser sur nos organismes. La toute dernière pause, située juste après la somptueuse côte du Bois des Acremonts, va signifier la fin des hostilités. Enfin, presque, puisqu’il nous faudra encore vaincre une difficulté majeure à la sortie de Dave. Les derniers singles dans les bois surplombant Jambes nous permettront de rejoindre l’Athénée Royale le sourire aux lèvres. A l’heure des bilans, nous pouvons affirmer que pour une première, ce fut sans conteste une réussite. Car si ce n’est quelques petits soucis de fléchage, nous n’aurons en fin de compte rien à reprocher à l’organisation du jour. Si dans l’ensemble le circuit de 58 kilomètres pêchait par un manque d’originalité, il aura au moins eu le mérite de nous faire vivre une très belle matinée de VTT! Gageons que pour les années à venir, l’ARJamboise connaîtra le succès qu’elle mérite amplement! SVW

• 25 mars 2012 - La Primavera – Andenne
Andenne a beau ne plus être la manche d’ouverture du challenge O2MC cette année, cela n’empêche pas cette organisation historique de battre tous les records de fréquentation: 1994 participants au total (contre 1600 l’an dernier), dont près de 400 marathoniens tentés par le chrono! Des chiffres qui donnent le tournis et qui prouvent que notre sport suscite un véritable engouement… bien aidé, il est vrai, par un petit coup de pouce du soleil, très généreux cette année.

Sur place, on se rend vite compte que les chiffres ne mentent pas: même en arrivant peu après 8h, les parkings des grandes surfaces voisines du départ sont déjà entièrement investis par les bikers! A l’intérieur, malgré une très bonne gestion du flux des inscriptions (on rentre d’un côté avec son vélo et on sort d’un autre, directement sur les parcours), il y a une file presque interminable. Heureusement, celle-ci ne durera pas et les participants qui prendront le départ plus tard nous confirmeront la grande fluidité aux inscriptions. Contrairement aux autres années, c’est en individuel qu’on s’élance sur le chrono, et plus en groupe. Certains le regrettent sans doute, d'autres apprécient. A chacun son opinion sur la question mais force est d'admettre que ça évite un peu les bouchons au début… Après quelques kilomètres hyper rapides, on s’en va grimper sur Seilles, histoire d’aller chercher la classique et superbe descente du bois de Siroux. Petit passage dans les champs, du ludique dans le bois de Foresse et, au premier ravito, on prend quelques instants pour admirer le panorama sur les carrières d’Andenne. Jusque là, le fléchage est bon, mais un peu de marquage au sol n’aurait pas été superflu à certains endroits.

Une fois la Meuse passée, on s’engage dans quelques passages très sympas. Côtes raides, petits serpentins et quelques petites descentes bien senties, dont une rocailleuse, raide et tortueuse qui restera longtemps dans ma mémoire. Bref, on s’éclate avant de rejoindre le deuxième ravito! Là, malgré les odeurs de lasagnes, omelettes et autres réjouissances, je résiste à l’envie de m’arrêter car je sens que les jambes sont bonnes. Voilà qui me permet de passer sans trop de mal les faux plats assassins qui se multiplient sur le plateau où nous nous trouvons. Juste au moment où je commence à trouver ça un peu roulant, on rentre dans le bois d’Ohey pour un enchainement jouissif de petits singles sinueux à souhaits. Miam! Deuxième passage près du ravito/buffet gourmand… et je résiste toujours. Après cette boucle, je retrouve de très nombreux randonneurs. Et je ne peux m’empêcher de penser que, pour le confort et le plaisir de chacun, une organisation aussi populaire que la Primavera devrait penser à proposer deux types de tracés. Envoyer les bikers des plus petites distances sur une boucle dédiée, et les chronos, accompagnés des randonneurs aguerris des plus grandes distances, d’un autre. Car, s’il faut souligner l’excellente courtoisie de la plupart des randonneurs et des compétiteurs (ainsi que la propreté générale!), impossible de nier que chacun prendrait plus de plaisir si la densité de bikers sur les chemins était moindre. La région est certainement assez riche pour proposer à chacun de quoi s’amuser, à l’image de l’incontournable descente finale du Calvaire qui, avec ses virages en épingles à cheveux et ses marches, est un régal pour les pilotes expérimentés… mais une balade pédestre un brin dangereuse pour les moins aguerris. Malgré cette petite critique, cette édition 2012 restera dans les esprits de nombreux participants comme une belle réussite grâce au très beau circuit qu'il nous a été donné de parcourir et à une organisation générale impressionnante! O.B. & Ch.M. Résultats du chrono

24 mars 2012 - Open MTB Gran Canaria

Pour cette deuxième manche de l'O2MC, c'est avec plaisir que je laisse la veste d'hiver et les gros gants à la maison pour glisser un tube de crème solaire dans ma valise à vélo. À l'aéroport de Charleroi, je fais connaissance avec Fred et Norbert, les organisateurs des Cimes de Waimes. Eux aussi ont fait le choix de la compagnie Jet Air pour son plus grand espace pour les jambes ainsi que pour ses frais de transport des vélos assez bas, afin de se rendre 3 000 km plus au sud et combiner une course VTT avec des vacances au soleil.

L'hôtel Gloria Palace, sur la côte sud, est l'endroit qu'a choisi l'organisatrice Petra Wonisch, de Canary-Bike, pour installer son QG pour l'événement, tout en faisant office de magasin de cycle. On peut aussi y remplir ses bidons et inspecter le parcours de la course sur carte. Dans le patio, des bikers attendent avec leurs bolides fringants à côté des pensionnés du nord de l'Europe en train de siroter leur bière. Les clics des cales sur le sol de marbre du lobby couvrent les clics des stylos des gouvernantes russes. Les bikers vont et viennent, discutent de leur choix de pneus et des cailloux affutés qui jonchent le sol et qu'ils ont pu remarquer lors de leurs reconnaissances. Pas mal d'événements en rapport avec le vélo ont lieu au Parque Sur pendant toute la semaine, avec entre autre des sensibilisations à la sécurité routière pour les enfants. La veille du marathon, un critérium est prévu pour les coureurs du top, de même qu'un briefing obligatoire pour les participants aux distances extrêmes. Je me joins à un groupe de bikers en attente, parmi lesquels un porteur du maillot tricolore. Ne serait-ce pas Kris Herstens? Le champion de Belgique de marathon en Masters 2 qui organise les MTB-Clinics dans la vie de tous les jours. Je remarque aussi un biker arborant un numéro 2 sur sa plaque de cadre. Je me dis qu'il doit être un grand champion pour avoir droit à un tel numéro, mais Pascal Aelvoet m'explique que ce n'est pas à ses prestations de l'an dernier qu'il doit ce numéro, mais plutôt aux premières lettres de son nom de famille. Après une demi-heure d'attente, il semble que le critérium et le briefing sont tous les deux annulés. J'avais oublié qu'on se trouvait presque en Afrique et que tout planning est ici assez relatif. Personne ne se met de pression. La mer est pour sa part toujours ouverte et je ne peux tout de même pas quitter Gran Canaria sans y jeter une tête. Flottant sur une agréable eau salée, j'admire les montagnes sèches et torturées que nous allons escalader demain. 2500 m de D+ pour 85km. Départ au niveau de la mer, le plus haut point se situant à San Bartolomé, quelques 1000m plus haut.

Le jour de la course, il règne déjà une atmosphère internationale sur le parc d'exposition de Maspalomas, lieu de départ et d'arrivée de cette épreuve. Au moment où le peloton de bikers s'élance, un peloton de l'armée espagnole cette fois prend également le départ dans quatre camions. Pas pour servir de protection en cas de je ne sais quel incident, mais plutôt comme signaleurs. Ne pourrait-on pas disposer d'une telle assistance pour toutes les manches de l'O2MC? Allo, M. Decrem, c'est O2 Bikers: n'auriez-vous pas par hasard encore un petit peloton en excédent? On peut toujours rêver...

Peu après 9h, les participants au plus grand parcours s'élancent à leur tour. Les deux premiers kilomètres se passent derrière une voiture de neutralisation. Je tente de rester le plus longtemps possible dans le groupe de tête pendant les 10 premiers km de route légèrement montants. Bien entendu, ça ne fonctionne pas et je me retrouve seul à attendre le second groupe. Quand ils arrivent, je me rends compte qu'il s'agit des premiers de la courte distance et qu'ils vont encore plus vite. Pendant la montée vers le réservoir d'Ayacata, une centaine d'autres bikers plus légers que moi me dépassent encore à toute vitesse. Nous passons ensuite sur les pavés du mur du barrage et entamons une côte large en graviers qui serpente. À gauche, on a un mur de roche et à droite une vue imprenable sur le Barranco quelques centaines de mètres plus bas. Tout d'un coup je retrouve Norbert devant moi avec un pneu déchiré. Et dire qu'il a encore réussit à me convaincre hier soir de ne pas emporter de pneu de réserve avec moi: « trop lourd et inutile ». Avec l'aide d'un emballage de gel, il parvient tout de même à réparer son pneu et à repartir, mais atteindre l'arrivée ainsi semble impossible. Les coureurs de la plus petite distance (38km) plongent directement à droite au premier ravitaillement. Pour nous, le plus dur est encore à venir. Mon bidon est remplis très rapidement et 10 secondes plus tard, un bénévole en habits locaux me remet sur le chemin. Mon intention de rester quelques minutes aux ravitaillements tombe déjà à l'eau. Le chemin large de graviers laisse sa place à un chemin inaccessible aux véhicules à moteur, avec des trous profonds et de grosses pierres. Nous empruntons encore deux fois de raides portions d'asphalte en direction de Fataga et San Bartolomé. Les signaleurs militaires font en sorte que les bikers sur le retour des 65km prennent le bon chemin. Apparemment ce chemin servira également pour notre retour. Ici, l'île est beaucoup plus verte, surtout pour ce qui est des sommets de 1500m. Tout le nord de l'île est fort vert mais ne dispose pas de plage de sable et donc pas de touristes non plus. La ville d'Agaete et par exemple à conseiller aux bikers et promeneurs que sont plus branchés nature, calme et authenticité. Après le second ravitaillement, à une altitude d'environ 1000m, le parcours devient encore plus difficile. Les petites allées débouchent sur un singletrack couvert de blocs de roche et entouré de cactus acérés. Nous passons même au dessus d'une terrasse couverte où une famille est en train de savourer son repas de midi. À gauche, je reconnais l'église blanche de Santa Lucia et nous descendons jusque La Fortaleza, à 300m, là, nous commençons à grimper de nouveau. La côte commence en pente douce mais couverte de cailloux puis se fait brutalement raide sur une petite bande de béton. On dirait presque qu'ils ont versé le béton depuis le sommet de la colline, sans se soucier de la forme qu'il prenais en dessous. Ça devient par moments trop raide pour moi, et je dois passer quelques portions à pieds. Nous arrivons à Barranco de Tirajana et entamons le retour vers San Bartolomé sur une large côte de graviers. Tout d'un coup, nous sommes envoyés sur la gauche et devons escalader à nouveau la montagne à côté d'une conduite d'eau « El Tube ». Ici, c'est même impossible de pousser le vélo à côté de soi, il faut le porter sur son dos. Je comprends maintenant le sens du mot extrême pour qualifier ce tour, ainsi que celui des petits symboles affichés au tableau les jours précédents à côté du nom « El Tube ». Le portage dure tout de même presque 40 minutes. C'est dur, mais pas vraiment désagréable; mais ça reste tout de même certainement extrême. Dans les 15 derniers mètres d'escalade, nous sommes bruyamment encouragés par le groupe de bénévoles folkloriques qui tiennent le ravitaillement. Les 25 derniers km sont descendants mais la première partie me pousse dans mes limites techniques. Je descends quelque peu la selle et j'essaie tant bien que mal d'imposer une trajectoire au vélo entre les rochers et les pierres fuyantes. De temps en temps, je juge le risque trop grand et je descends du vélo, piqué en permanence par les buissons d'épines sèches qui bordent le sentier à mules. Ça descend maintenant presque en permanence, avec de temps à autre une courte grimpette. Certaines parties sont couvertes de rochers, il faut donc rester concentré en permanence. C'est ici que je regrette quand même de ne pas avoir un bolide tout suspendu, ça doit tout de même être plus confortable. C'est totalement secoué, mais aussi un peu euphorique parce que j'y suis tout de même arrivé, que j'atteins une carrière et emprunte le lit de rivière asséchée qui nous emmène au parc des expositions. Après environ 6h sur le vélo, la puce placée à ma cheville envoie le signal de la fin de mon calvaire au tapis d'arrivée. Je vois Pascal assis sur un banc, lui aussi vient de passer la ligne après avoir eu droit à deux crevaisons en chemin. Nos autres compatriotes sont déjà lavés et ont les podiums déjà derrière eux. Le Britannique James Ouchterlony (en photo ci-dessous) et le Suisse Frederik Edin n'ont pas laissé Nicolas Vermeulen accéder aux plus hautes marches du podium. Kris Herstens a tout de même obtenu la victoire dans la catégorie des Masters +40 et Freddy Dethier prend la seconde place chez les + de 60 ans. Nos amis de Bikers for Life étaient naturellement également présents, mais ils étaient déjà sur le chemin du retour pour pouvoir participer à la manche d'Andenne du lendemain.

Nous prenons le temps de savourer une paëlla et l'école de massage de Maspalomas prends nos douloureux muscles de bikers en charge. La jolie participante à côté de moi attire toute l'attention et pas moins de 6 masseurs s'acharnent pendant une heure à extraire la dernière goutte d'acide lactique de son corps athlétique. Le prof de massage tente tout de même d'attirer un peu d'attention et d'élèves autour de mon dos poilu. Dans la langue de Cervantes (et Hermida), j'entends le prof donner des explications aux élèves masseurs sur les déformations de ma colonne vertébrale et marmonner quelque chose comme affaissement avec panse à bière pour cause. Il conclu avec un « totalement sans espoir et bientôt un lumbago ». Je souhaiterais n'avoir jamais appris l'espagnol et je pars me rafraichir dans l'océan. RDS.

Pour les résultats, photos et vidéos, rendez-vous sur: www.canary-bike.com

• 18 mars 2012 - Les 7 Péchés Capitaux – Thuin

A peine lancée, la saison O2MC 2012 nous conduit déjà dans le péché! Eh oui, cette année, l’ouverture est assurée par les "7 Péchés Capitaux", organisés de main de maître par le MJ Thudi Team. L’épreuve est bien connue et appréciée des habitués du challenge O2MC, mais elle a simplement changé de date. Comble du comble, c’est en s’avançant dans la saison que, pour la première fois, les Péchés n’ont pas été arrosés par une généreuse averse!

Pour débuter les 72km au programme du marathon comptant pour le challenge O2MC, on a droit d’emblée à du lourd, avec quelques kilomètres dans le sublime Bois du Grand Bon Dieu. Direction ensuite le centre de Thuin et ses célèbres ruelles avant de grimper vers le "Nespériat", sur l’autre versant de la vallée de la Sambre. Tiens, ça grimpe sec, mais cette côte n’est pas répertoriée. Normal! Pour avoir droit au label officiel de "Péché", signalé par une belle pancarte humoristique, il faut au moins 14% de pente… et en vrai VTT bien technique s’il vous plait!

C’est donc près de l’Abbaye d’Aulne qu’on trouve le premier d’entre eux: la paresse. C’est clair, pas question de flâner si on veut vaincre ces 350m à 16% sur un sol rocailleux à souhait, vestige d’une ancienne voie qu’empruntaient les moines. Juste après le ravitaillement (comme par hasard), on s’attaque à l’envie (un petit péché de 300m à 14%) pour rejoindre Montignies-le-Tilleul et filer vers les bois de Jamioulx et Loverval. Les petites côtes s’enchaînent, entrecoupées d’innombrables passages ludiques. Bref, on n’a pas le temps de s’ennuyer, et on en oublierait presque qu’il reste encore 5 péchés à grimper, alors que le compteur signale qu’on est déjà presque à mi-parcours. A Beignée, on est accueilli par un Louis de Funès au rire machiavélique: l’avarice nous guette! Mais il faut tout donner pour arriver au sommet de cette ascension plus physique que réellement technique. Puis, juste avant le deuxième ravitaillement, on enchaîne avec la gourmandise (un hasard, à nouveau?)

Les jambes sont déjà bien entamées et, sur les chemins de transition qui permettent de retourner vers les bois de l’Abbaye d’Aulne, c’est le vent qui se charge de compenser le manque de dénivelé. Dur! Une fois de retour dans les bois, on se délecte à nouveau du choix de chemins opéré par les traceurs du MJ Thudi Team! Connaissant pourtant très bien le coin, votre serviteur a même découvert avec grand plaisir une boucle très amusante et demandant une bonne dose de pilotage du côté de Landelies. Et nos péchés? Il en reste 3 pour 20km à peine! C’est clair, il fallait bien gérer son effort. Pour éviter le péché de luxure dans la très longue côte de St-Exupery, d’abord. Pour réussir, sans orgueil, à rester sur le vélo pour les 200m à 20% de la terrible côte du Chêne Maillard. Et, enfin, pour réussir à se mettre en colère pour rallier le panorama, sur les hauteurs de Thuin, avant de jeter ses dernières forces dans la bataille pour passer la ligne d’arrivée. Et avoir droit au péché "bonus": une bonne Chimay à déguster au bar! Organisés avec passion et un souci du détail impressionnant (notamment au niveau du fléchage), ces 7 Péchés Capitaux permettent au cru 2012 du challenge O2MC de débuter en fanfare. Vivement la suite! O.B.


18 mars 2012 - Graide Station - 5° "Foulées du coeur"
Le moins que l’on puisse dire c’est que nous ne sommes pas gâtés avec la météo pour notre deuxième participation à ces « Foulées du cœur »! À quelques coups de pédales de Gedinne, dans le petit village de Graide Station, c’est en effet à nouveau sous de gros nuages menaçants que nous entamons notre parcours de 45 kilomètres. L’heure est assez tardive, les participants au trail viennent tout juste de s’élancer. Fort heureusement, les organisateurs du jour ont eu la bonne idée de bien séparer les nombreux parcours vtt, marche et trail! À noter également l’épreuve de jogging destinée aux plus petits.

La première partie va bien vite s’avérer très roulante. Les chemins que nous empruntons sont larges et ne présentent aucune difficulté particulière. Un événement un peu particulier va néanmoins nous ravir au plus haut point: au détour d’une belle petite descente, nous avons la joie d’apercevoir au loin trois cervidés! Quelques secondes précieuses et intenses qui resteront gravées dans nos mémoires pendant encore bien longtemps. À ce moment, nous pouvons déjà dire que notre sortie dominicale est réussie. Nous nous remettrons de ces émotions quelques instants plus tard lors du premier ravitaillement. La petite table est peu garnie, mais, vous l’avez compris, nous sommes de bonne humeur. Nous ne tardons pas à repartir pour aller découvrir les plus beaux chemins de ces « Foulées du cœur ». Cette deuxième partie se bouclera entièrement en sous-bois! Et si l’on excepte une petite poignée de randonneurs pédestres, nous ne rencontrerons personne, si ce n’est bien entendu les préposés au deuxième ravitaillement. Après l’Our, voici la Lesse et ses magnifiques sentiers. Notre parcours se durcit physiquement, avec son lot de côtes raides et sans fin. Le plaisir de pilotage est également au rendez-vous: à nous les singles ludiques et virevoltants, les racines piégeuses, les descentes rapides, sans oublier les quelques coups de cul assassins qui nous rappellent aux dures réalités du mountain bike. Bref, que du bonheur! D’autant qu’après la pluie fine de début de rando, c’est maintenant un soleil généreux qui nous accompagne! Si nous avons affaire ici et là à quelques bourbiers, le tracé est dans l’ensemble sec. Après le charmant village de Gembes, voici le troisième et dernier ravitaillement. Les gaufres faites maison sont succulentes! Il nous reste une petite dizaine de kilomètres, le tout sera bouclé à toute vitesse. A l’approche de Graide, les sentiers s’élargissent à nouveau et redeviennent plus roulants. Cela ne ternira pas une belle organisation qui mérite assurément plus que les quelques 150 inscrits de la randonnée VTT! SVW

 

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